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UE/Produits laitiers EDA conteste l’idée d’une reprise prochaine sur les marchés tiers

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Alors que Mariann Fischer Boel ne cesse de proclamer que des signes d’éclaircie apparaissent sur les marchés mondiaux, l’industrie laitière européenne note que la demande reste faible et que les exportations sont plus difficiles que jamais. Au cours des quatre premiers mois de 2009, l’Union européenne a dans l’ensemble en effet exporté moins de produits laitiers que durant la même période de l’année précédente qui était elle-même déjà caractérisée par une faible activité commerciale avec les pays tiers. C’est ce que font observer les économistes de l’European Dairy Association (EDA), le lobby de l’industrie laitière européenne, dans leurs dernières analyses. Ce sont les exportations de fromages en particulier qui auraient accusé les diminutions les plus inquiétantes.

Dans l’analyse qu’ils viennent de publier sur la situation des exportations des produits laitiers européens dans les pays tiers, les experts de l’EDA soulignent notamment le recul des exportations européennes de fromages qui, selon eux, auraient en 2009, diminué de plus de 10.000 tonnes par rapport à 2008 et n’atteindraient actuellement qu’environ 167 000 tonnes. Les exportations de lait écrémé en poudre et de lactosérum en poudre auraient également continué à baisser. Seules les exportations de beurre se seraient maintenues au niveau historiquement bas de l’année 2008. Les exportations de lait condensé, de caséine et de lait entier en poudre auraient quant à elles bénéficié d’une légère augmentation par rapport à la même période de l’année 2008, mais cette hausse pour le lait entier en poudre se serait tassée dès le mois d’avril 2009.

Pas de reprise de la demande
Les économistes de EDA relèvent que, bien que depuis fin janvier 2009, des restitutions à l’exportation soient à nouveau octroyées aux produits laitiers de l’UE, les exportateurs européens n’ont pas réussi à étendre leur part de marché au niveau mondial. Ils notent également que vers les mois de juin-juillet de cette année, malgré la baisse saisonnière de l’offre de l’hémisphère Sud, « aucune reprise de la demande de produits européens ne s’est dessinée sur le marché mondial » en raison non seulement de la faiblesse de la demande du marché mondial mais aussi des effets de la crise financière et économique, à savoir un taux de chômage en hausse et un pouvoir d’achat en baisse dans diverses régions du monde. Par ailleurs les fluctuations des taux de change se sont traduites par un niveau de prix élevé pour les produits laitiers dans d’importants pays importateurs et les prix des produits laitiers sur le marché mondial ont fortement diminué depuis mi-2008, ce qui, expliquent les experts, « en conjonction avec un Euro fort, limite la compétitivité des produits européens sur le marché mondial ». Last but not least, les lignes de crédit réduites et les restrictions au niveau des assurances-crédits n’ont fait que compliquer la réalisation de transactions de plus grande envergure.

Hausse de la production des produits d’intervention
Les économistes de EDA notent par ailleurs que malgré une production laitière en baisse dans l’UE, le secteur de la transformation du lait s’est davantage tourné vers les produits d’intervention au cours des premiers mois de 2009. Durant les quatre premiers mois de 2009, la production de lait écrémé en poudre en particulier a connu une nette augmentation de plus de 11%. La production de beurre en revanche n’affiche qu’une légère hausse de un pour cent. Les experts expliquent cette situation par la limitation de la production de caséine qui aurait contribué à la forte hausse de la production de lait écrémé en poudre. La standardisation des protéines, autorisée entre-temps, aurait aussi contribué à la hausse de la production de lait écrémé en poudre, alors que s’agissant de la production de beurre, des teneurs réduites en matières grasses dans le lait cru ont été observées. Concernant le lait entier en poudre et le lait condensé, marchandises importantes du point de vue des exportations, une réduction de la production a été observée début 2009. L’augmentation de la production des marchandises d’intervention s’expliquerait principalement, selon ces experts, « par l’interruption de la croissance constatée sur le marché des fromages ». Une production de fromages, qui n’a cessé de croître au cours des dernières années et qui a absorbé de plus en plus de matières premières mais qui a chuté en-dessous du niveau de l’année 2008 durant les premiers mois de 2009. Des exportations en baisse continue et une croissance ralentie de la consommation interne n’ont, semble-t-il, pas permis de nouvelles hausses de la production.

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