L’épicerie fine Edélices a levé des fonds sur la plateforme Bolden pour la deuxième fois en 18 mois. À la recherche de 200 000 euros pour assurer son développement, elle vient ainsi d’emprunter 40 000 euros auprès de 281 prêteurs particuliers. Bolden, qui a accompagné une quarantaine d’entreprises depuis ses débuts, est en passe de changer de statut pour élargir encore son offre.
Edélices vient de boucler une deuxième opération de crowdlending (prêts souscrits auprès de particuliers) sur la plateforme Bolden. Créée en 2009, l’épicerie fine communautaire en ligne a emprunté cette fois 40 000 euros auprès de 281 prêteurs particuliers pour accompagner sa croissance. Après « un développement essentiellement sur fonds propres et emprunts bancaires depuis ses débuts » confie Gilles Muller, co-fondateur et principal actionnaire d’Edélices avec Raphael Tardio, la société a choisi de se tourner vers le financement participatif en 2015. Via Bolden également, elle avait ainsi emprunté 50 000 euros.
Pour cette deuxième opération, Edélices cherchait 200 000 euros pour assurer son projet de déménagement dans des locaux deux fois plus grands de 1 250 m2 à Ivry-sur-Seine pour augmenter sa capacité de stockage et l’installation d’une chambre froide pour accompagner le lancement d’une nouvelle ligne de produits frais lancé il y a quelques mois. La société compte également accentuer ses efforts autour des coffrets cadeaux de fin d’année auprès des entreprises en s’appuyant sur un directeur commercial externe. Après l’obtention d’un prêt à taux zéro de 70 000 euros auprès du réseau Hauts-de-Seine Initiative, il lui restait à trouver 130 000 euros. « Nous avions déjà un encours de 150 000 euros environ auprès de notre banque historique et d’autres établissements bancaires nous avaient dit de revenir les voir en 2017 » souligne Gilles Muller. Une frilosité des banques qui explique pourquoi Edélices s’est tourné pour la seconde fois en 18 mois vers le financement participatif. « L’un des avantages avec Bolden, c’est la rapidité, là où il faut plusieurs mois à une banque pour vous donner une réponse. Je préfère payer 8,5 % d’intérêt et ne pas être bloqué dans mon développement » justifie le co-fondateur. Aujourd’hui, lui et son associé détiennent chacun 40 % du capital, et les proches et famille les 20 % restant. « Le crowdlending permet également de ne pas avoir recours à une levée de fonds trop rapidement et donc à voir sa participation trop diluée rapidement. Je préfère me financer sur la dette, c’est un calcul sur le long terme » ajoute-t-il.
1,5 million d'euros de chiffre d’affaires prévu cette année
Edélices compte 20 000 clients environ, dont 70 % en province, avec un panier moyen de 80 euros par client, « un niveau plus élevé que dans une épicerie physique » que Gilles Muller attribue à la gratuité des frais de ports pour les commandes supérieures à 100 euros. La société vend essentiellement des produits d’épicerie haut de gamme très variés (95 % de l’activité) et depuis peu des produits frais (viande, fromage, fruits et légumes saumon fumé), avec « toujours cette même optique de proposer ce qui se fait de mieux dans chaque catégorie », précise Gilles Muller.
En tant qu’épicerie communautaire, Edélices fonctionne aussi grâce aux trouvailles de ses clients. Ces derniers « aiment faire connaître des produits qu’ils affectionnent particulièrement et aussi pouvoir se procurer des produits qu’ils ne trouvent pas en France », explique l’entrepreneur. Ce procédé participatif est d’ailleurs rémunéré grâce à un système baptisé « le défricheur de saveur », par lequel les clients dont les produits sont sélectionnés par un jury interne à l’entreprise se voient créditer en bons d’achats d’une centaine d’euros sur le site. L’un des produits le plus vendus chez Edélices n’est ni du caviar ni du foie gras, mais de la confiture signée Christine Ferber, également fournisseur de Pierre Hermé. Si Edélices s’approvisionne à Rungis pour le frais, ses produits secs proviennent de petits fournisseurs.
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Edélices (marque commerciale) est détenue par la société Giraphes, qui détient également Gourmibox, une box de produits d’épicerie par abonnement et une activité de prestation logistique. Le groupe Giraphes qui réalise une bonne part de ses ventes en décembre, prévoit cette année un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros (contre 1 million en 2015), dont 80 % revenant à Giraphes et 20 % Gourmibox, avec un résultat net de 50 000 euros (contre 10 000 euros l’an dernier).
Bolden veut élargir son offre
Depuis ses débuts en 2014, la plateforme Bolden a accompagné une quarantaine d’entreprises aux profils assez variés, dont 13,1 % dans l’agroalimentaire, pour un montant total prêté de 1 million d’euros. Sur Bolden, les entrepreneurs peuvent lever entre 5 et 50 millions d’euros, « parce que c’est là qu’est le plus grand besoin pour les PME et qu’il y a un trou dans les offres bancaires » explique Joël Gaudeul, directeur marketing et des opérations de la société fondée par Tristan Grué, un professionnel du financement et de la gestion de patrimoine.
Pour être éligibles chez Bolden, les entreprises candidates doivent avoir une ancienneté d’au moins trois ans, un chiffre d’affaires supérieur à 100 000 euros et des capitaux propres positifs. Les comptes des trois dernières années sont ensuite analysés par l’équipe de Bolden, avant de valider ou non le dossier. Chez Bolden, un dossier de « bonne qualité » dépend de la croissance du chiffre d’affaires, de l’état de la dette, des délais de paiements… le tout complété par un entretien avec les dirigeants, afin de corroborer certains points collectés auprès d’autres organismes. "Nous avons une responsabilité morale très élevée vis-à-vis des investisseurs de la plateforme, auprès de qui nous assurons le service après-vente », justifie Joël Gaudeul. Les investisseurs reçoivent mensuellement et dès le premier mois une part du capital amorti et les intérêts.
Bolden assure un taux moyen de 7,6 %, certes beaucoup plus élevés que dans une banque, mais promet une réponse sous 48 heures, tout en assurant « un accompagnement en communication tout au long de la campagne », assure Joël Gaudeul. Et une fois l’opération de financement participatif terminée, l’entreprise a accès aux fonds sous 10 jours. Fort de son succès, Bolden qui dispose actuellement du statut IFP (intermédiaire en financement participatif) et est en cours d’obtention du statut CIP (conseiller en investissement participatif) qui lui permettra d’élargir son offre.