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Édouard Phillipe détaille « l’Agenda rural » du gouvernement

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Le Premier ministre a présenté un programme de 173 mesures en faveur des territoires ruraux. Parmi elles, plusieurs concernent l’agriculture. Une seconde concertation sur la future loi foncière est annoncée « dans la deuxième quinzaine d’octobre ».

C’est à Eppe-Sauvage (Nord), à l’occasion du congrès de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), que le Premier ministre Édouard Phillipe a présenté le 20 septembre « l’Agenda rural » du gouvernement, un programme de 173 mesures en faveur des territoires ruraux. Tout en défendant la volonté du plan de « redonner des choix, de la liberté, des services » aux habitants des zones rurales, le Premier ministre a regretté plusieurs « erreurs » longtemps faites au sujet des politiques rurales, parmi lesquelles « l’erreur de (les) confondre avec les politiques agricoles ». Il a détaillé les quatre priorités de cet « Agenda Rural » : la transition écologique, la proximité des services publics, la sécurité et l’attractivité.

Mesure mise en avant: la revitalisation des petites villes, via « un plan de soutien aux petits commerces en zone rurale » annoncé par le gouvernement en 2020. Parmi les évolutions prévues, des exonérations fiscales pour les commerces situés dans des villes de moins de 3 500 habitants, ou encore l’octroi de nouvelles licences IV non transférables au-delà d’une intercommunalité afin de « faciliter la réimplantation de restaurants et de café » dans les petites communes. Le plan contient également des promesses concernant la résorption des zones blanches en téléphonie mobile « en cinq ans » ou la mise en place de la 5G, le déploiement d’offres culturels ou des actions contre les déserts médicaux.

Plusieurs mesures concernent directement l’agriculture. Le plan entend ainsi « renforcer la lutte contre l’artificialisation des sols » dans les territoires ruraux, notamment en améliorant des dispositifs fiscaux déjà existants (« Denormandie dans l’ancien », « Malraux ») pour favoriser la rénovation de bâtiments anciens. « Une concertation sur le foncier agricole » mené par le ministre de l’Agriculture est également annoncée « dès cet automne ». Celle-ci aura lieu « dans la deuxième quinzaine d’octobre » et concernera la future loi foncière annoncée par Didier Guillaume pour 2020, précise le ministère de l’Agriculture. Elle fait suite à une première consultation des parties prenantes qui s’est tenue jusqu’à la fin août.

« Aménités rurales »

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Autres ambitions mises en avant par « l’Agenda Rural » : « Développer les projets alimentaires territoriaux et les programmes agricoles expérimentaux » ou encore lancer une mission « visant à définir et identifier » les « biens collectifs naturels » ou « aménités rurales », afin de « mieux les prendre en compte dans l’action publique ». Le programme entend également « recruter 200 000 élèves dans les établissements agricoles publics et privés », un objectif fixé à horizon 2022 a précisé le ministère de l’Agriculture. 175 000 élèves sont aujourd’hui scolarisés dans l’enseignement agricole, de la 3e au BTSA.

Issu de propositions formulées par cinq maires et parlementaires ruraux dans le cadre d’un rapport remis à la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourrault en juillet dernier, cet « Agenda rural » devrait faire l’objet de comités interministériels dédiés réguliers, le premier dès 2020. Chaque ministère devrait également nommer « un référent ruralité » pour suivre sa mise en place.

Agenda rural : la FNSEA et les JA saluent « un début d’éclaircies pour les campagnes »

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) se sont félicités, dans un communiqué commun du 20 septembre, de l’Agenda rural présenté par le Premier ministre Edouard Philippe le même jour. Ces 173 mesures en faveur de la ruralité « répondent à de nombreuses revendications » des deux organisations et constituent « des débuts de réponses », estiment-elles. « Elles traduisent désormais des engagements gouvernementaux », qui « doivent maintenant se concrétiser », ajoutent-elles. La FNSEA et les JA soulignent qu’il reste « à assurer une meilleure représentation des territoires ruraux dans toutes les instances électives en introduisant un critère d’espace couvert en plus du critère démographique. La réforme constitutionnelle annoncée devra y pourvoir ».