Réduction de la pauvreté en zones rurales, volatilité des prix plus faible qu’au niveau mondial, rôle important des paiements directs, mais déploiement tardif des instruments de gestion des risques et persistance des « problèmes environnementaux » : tels sont les constats dressés par la Commission européenne dans un récent rapport sur l’efficacité de la Pac.
Un rapport de la Commission de Bruxelles sur l’efficacité de la Pac (1) affirme que cette politique a « un rôle important dans la réduction de la pauvreté en zones rurales » dont le taux est passé de 29 % en 2011 à 26 % en 2016 dans l’UE-28, approchant celui constaté dans l’ensemble de l’économie (25 %). Selon le document, publié début décembre, bien que les agriculteurs européens soient à présent plus exposés à la volatilité des prix au niveau mondial, celle-ci « reste plus faible qu’elle ne l’est pour les principaux concurrents », par exemple 6,8 % pour le blé en 2015-2017 contre 10 % sur le marché mondial.
Pas assez d’instruments de gestion des risques
La moyenne des paiements directs par bénéficiaire s’est élevée à presque 6 200 € en 2016, soit 44 % du revenu d’entreprise agricole dans l’UE-28, avec une distribution différente selon les types d’exploitation et leur taille, souligne également la Commission. Ces aides constituant une part encore plus importante du revenu dans certains secteurs (bovins, ovins, olives) et certaines zones (soumises à des contraintes naturelles) où « les revenus agricoles restent inférieurs à la moyenne de l’UE ».
Par ailleurs, selon le rapport, si les agriculteurs européens sont de plus en plus exposés aux risques, « la mise à disposition des instruments de gestion des risques tarde ». L’assurance reste l’instrument le plus fréquemment utilisé, tandis que « la disponibilité et l’utilisation des fonds communs sont plus limitées ».
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Persistance des « problèmes environnementaux »
La Commission juge « difficile d’établir un lien direct entre l’intervention de la Pac et son résultat effectif sur l’environnement ». Mais, en la matière, les indicateurs montrent que « les problèmes environnementaux persistent et que la future Pac permettra de faire davantage ».
Au passage, le rapport rappelle que les propositions de réforme de la Pac après 2020 « déplacent l’accent mis sur la conformité et les règles vers les résultats et les performances » et que, dans cette optique, des indicateurs moins nombreux mais mieux ciblés sont essentiels. Bruxelles suggère de réduire leur nombre, de 146 à 101.
(1) Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant la mise en œuvre du cadre commun de suivi et d’évaluation et les premiers résultats relatifs à l’efficacité de la politique agricole commune