Présentant le rapport d’évaluation de la loi Egalim 1 en commission des Affaires économiques, le 23 février, le député Jean-Baptiste Moreau (LREM, Creuse) a appelé à créer des « outils statistiques » pour évaluer « la mise en œuvre du SRP (seuil de revente à perte, NDLR) et le partage des revenus générés ». Une des mesures phares de la loi Egalim 1, promulguée le 30 octobre 2018, est le relèvement à 10 % du SRP. « Nos auditions ont montré de grandes interrogations sur ce point : où est passée la valeur libérée par le [relèvement du] SRP ? Une chose est sûre, elle n’est pas redescendue chez le producteur », a lancé M. Moreau.
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Alors que le texte a introduit une part minimale de 50 % de produits sous signe de qualité et durables en restauration collective, « nos auditions nous amènent à réfléchir sur le financement » de cette mesure, a souligné Grégory Besson-Moreau (LREM, Aube). Co-rapporteur de l’évaluation, il a salué « une bonne loi qui nécessitait un léger réajustement, ce qui a été fait avec Egalim 2 ». Toutefois, a relativisé Jean-Baptiste Moreau, « cette loi demeurera inefficace si on n’a pas de vraie structuration de l’offre avec une vraie régulation des volumes […] aux mains de la profession » agricole. « Nous avons encore à progresser sur la maîtrise des volumes, la formation et l’accompagnement au regroupement de l’offre », a appuyé son co-rapporteur Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle), estimant que « tous les instruments de la Pac n’ont pas été mobilisés » dans ce sens. Et de conclure : « Je fais le pari que ce n’est pas fini et que la LME (loi de modernisation de l’économie, considérée comme déflationniste, NDLR) n’est pas encore déconstruite à cette heure. »