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Élections aux chambres d’agriculture : la Conf' veut améliorer son score au niveau national

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La Confédération paysanne tenait son assemblée générale à Montreuil les 18 et 19 avril. À neuf mois des élections aux chambres d’agriculture, le syndicat fixe ses ambitions.

« Augmenter son score au niveau national ». C’est l’objectif principal qu’a affiché le syndicat en perspective des élections aux chambres d’agriculture qui se tiendront en janvier 2019. « C’est ce score qui fera qu’on sera plus ou moins écouté par le ministère », a jugé Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui évoque un objectif minimal entre « 20 et 25 % des voix ». Le syndicat, qui avait obtenu 18,54 % des suffrages aux précédentes élections de 2013 et la majorité dans deux des 94 chambres d’agriculture (la Réunion et le Puy-de-Dôme), veut « présenter des listes dans tous les départements ». « Il y en a certains où l’on part clairement pour gagner », a précisé Laurent Pinatel, en citant notamment la Guyane, Mayotte ou encore l’Ariège et l’Ardèche.

« Le fait que les décrets ne soient toujours pas sortis est un gros frein », a également rappelé le porte-parole de l’organisation, alors que les décrets d’organisation du scrutin ne sont pas toujours publiés. « Aux précédentes élections, ils étaient sortis dès les mois de mars », a-t-il rappelé. Le syndicat a tout de même indiqué qu’il souhaitait « avoir des listes 100 % Confédération paysanne », alors qu’en 2013 il avait obtenu la majorité dans le Puy-de-Dôme en s’alliant avec la Coordination rurale. Sa campagne sera axée sur deux thématiques : le revenu des paysans et la « vivabilité du métier ».

« Un premier cran »

Des thèmes qui sont au cœur des discussions sur le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole dont les amendements sont actuellement en discussion devant la commission économique à l’Assemblée nationale. « On a une déception sur le fait que l’État ne s’engage pas plus », a évoqué Nicolas Girod, secrétaire national à l’élevage. « La question c’est comment l’État peut sanctionner les acteurs qui ne respectent pas les revenus des paysans […] et on a des gros doutes sur le fait que cela puisse avancer dans le bon sens », indiquait-il alors que les discussions étaient toujours en cours. « Pour une loi ambitieuse, il faudrait au moins que la définition d’un prix abusivement bas soit comprise dedans », ajoute-t-il. Autre sujet d’inquiétude : « le renforcement de l’Observatoire de formation des prix et des marges ». « Cela devrait être un interlocuteur fort pour donner des bases de travail aux interprofessions » notamment sur la forme des contrats, juge Nicolas Girod.

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« On voit cette loi comme un premier cran », rappelle malgré tout Laurent Pinatel. « Tout ce qu’on a déjà obtenu, ce sont autant de points sur lesquels on ne reviendra pas », dit-il en évoquant les amendements déjà acceptés en commission économique. « Mais l’amélioration de la rémunération ne pourra pas se faire sans une régulation au niveau européen ». Le deuxième chantier des EGA doit ainsi « servir de base à la position française concernant la prochaine réforme de la Pac » avec notamment la définition d’une « politique agricole et alimentaire commune » et « un deuxième pilier beaucoup plus fort ». « Mais lorsqu’on rencontre Stéphane Travert, on a du mal à voir son cap » sur ce sujet, avoue Laurent Pinatel qui dit se méfier du « double discours » entre ce que peut annoncer l’Elysée et ce que fait concrètement le ministère de l’Agriculture.

NDDL : « Il faut que des sièges d’exploitation puissent redémarrer »

Sur l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le syndicat a rappelé sa ligne : « On appelle à l’arrêt de l’escalade des violences pour toutes les parties prenantes et à rendre libres d’accès les routes », détaille Laurent Pinatel, alors que le flou demeure toujours sur ce que vont devenir les terres. « Depuis huit jours on est rentrés dans une logique où on a perdu énormément de temps pour retrouver la confiance. Tant qu’on est sur un territoire avec des confrontations, cela n’est pas propice à une sortie de crise », insiste Dominique Deniaud, président de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique. Le syndicat pense qu’il est à la fois possible de concilier les projets collectifs agricoles souhaités par certains zadistes et le retour de certains exploitants sur leurs terres. « Il faut que sur ce territoire, puissent redémarrer des sièges d’exploitation et, pourquoi pas ?, des villages », a ainsi plaidé Dominique Deniaud.

« Il y en a certains où l’on part clairement pour gagner »