Le Puy-de-Dôme fait partie des départements identifiés par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, comme pouvant revenir dans le giron du syndicalisme majoritaire à la faveur des élections aux chambres d’agriculture de janvier 2019. Sur place, le syndicalisme majoritaire assure qu’il ne devrait pas souffrir de liste dissidente, comme ce fut le cas au dernier scrutin. Face à lui, l’alliance Confédération paysanne-Coordination rurale devrait être reconduite.
Lors des précédentes élections, en 2013, une alliance Confédération paysanne-Coordination rurale (CP-CR) avait emporté la chambre avec 37,2 % des suffrages, devant l’alliance UDSEA-JA (34,09 %) et une forte minorité de « divers » (28,7 %) traduisant une dissidence au sein de l’UDSEA, rebaptisée depuis FNSEA 63 (voir encadré).
Son président, David Chauve, producteur de lait à Ambert, se dit convaincu qu’il « n’y aura pas de liste dissidente cette année ». Pour l’heure, l’équipe constituée par la FNSEA 63 et les JA 63 (président : Baptiste Arnaud) n’a pas encore déposé sa liste (la date butoir est fixée au 17 décembre 2018 à midi en préfecture) même si « 90 à 95 % de ses membres sont recensés ». Les semaines à venir permettront de « mettre tout le monde dans la bonne case ». Autrement dit, de trouver les meilleurs équilibres géographiques, entre productions, entre collèges (exploitants, retraités…). Le « projet syndical à décliner pour la chambre d’agriculture » devrait être prêt à la fin octobre, avant un lancement officiel de la campagne prévu le 28 novembre.
L’agriculture du Puy-de-Dôme est diverse, partagée entre deux tiers d’éleveurs (lait et viande bovine surtout) et un tiers de céréaliers installés dans la plaine de la Limagne. David Chauve reproche d’ailleurs à l’alliance CP-CR d’avoir négligé les 7 petites régions agricoles (PRA) du département, faute de disposer de « suffisamment d’éléments moteurs sur le terrain ». Des PRA qu’il entend « faire revivre » si la liste FNSEA-JA 63 devait l’emporter en 2019. Autre grief adressé à l’équipe sortante, l’« emprise » et l’« approche un peu idéologique » de certaines collectivités locales (communautés de communes, parc naturel…) qu’elle aurait laissé se développer. « Nous avons des partenariats à construire avec les collectivités locales, mais la profession agricole doit porter le projet. »
« La carpe et le lapin sont toujours ensemble »
Une présentation des choses vivement contestée par Philippe Boyer (CR), vice-président de la Chambre 63. « Il est absolument faux de prétendre que nous aurions négligé les PRA, que nous préférons nommer les territoires. Nous travaillons avec eux, nous les soutenons, nous publions un journal tous les mois. Les chambres ont l’obligation régalienne de s’investir dans les PLU et les PLUI (plans locaux d’urbanisme intercommunaux), de répondre aux appels d’offres, de s’occuper des compensations liées à l’autoroute A75… », explique-t-il en substance. « Pendant six ans, nous avons fait du bon travail. Nos élus ont consacré jusqu’à 2 ou 3 jours par semaine à la chambre. Nous avons géré de bonne façon et maintenu les 77,5 équivalents temps plein en dépit des baisses de dotation de l’État.
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Et de conclure : « Les chambres sont là pour accompagner les agriculteurs. Elles ne font pas la politique agricole. » De quoi évacuer le reproche récurrent d’un attelage CP-CR contre-nature : « La carpe et le lapin sont toujours ensemble. Il n’y a aucune friction entre nous à la chambre. Et d’ailleurs, il existe deux sortes de Confédération paysanne… » Celle incarnée par Sébastien Gardette, président de la chambre du Puy-de-Dôme depuis 2013, éleveur d’une centaine de vaches allaitantes (pour 4 actifs sur la ferme), lui convient parfaitement. Ce que Philippe Boyer « reproche le plus » au syndicalisme FNSEA-JA dans le département : son « soutien aux coopératives et aux filières. Un exemple : la sécheresse. Aucun président de coop n’a dit : on va payer un peu plus pour que les agriculteurs puissent s’en sortir ».
La CP et la CR repartiront donc unies aux élections chambres de janvier prochain, confirme Sébastien Gardette – qui réfute tout à fait l’idée de « deux sortes » de Confédération paysanne. La liste n’est pas encore déposée. Les semaines à venir seront consacrées à présenter le bilan de l’équipe sortante, son programme pour la mandature à venir, et à « traiter les sujets d’actualité ». « On y verra plus clair dans la 2e quinzaine de novembre. »
« La carpe et le lapin sont toujours ensemble »
1964 : la FDSEA 63 tendance Debatisse devient l’UDSEA 63
En 1964, une scission eut lieu au sein de la FDSEA du Puy-de-Dôme. La tendance majoritaire, emmenée par Michel Debatisse, qui devait par la suite devenir président de la FNSEA puis secrétaire d’État aux industries agricoles et alimentaires, choisit pourtant de changer de dénomination et de se rebaptiser UDSEA 63, se souvient Roger Serre, président des anciens exploitants de la FNSEA du Puy-de-Dôme. La tendance minoritaire, proche de ce qui allait devenir la Confédération paysanne, conservera l’appellation FDSEA. Nouveau changement de nom en 2015 : pour bien marquer son appartenance au réseau FNSEA, l’UDSEA 63 décide de devenir la FNSEA 63. Plus de confusion possible…