Dénonçant une baisse de la production européenne de viande bovine et une hausse des importations, la FNB (éleveurs allaitants, FNSEA) veut « inverser la trajectoire » lors des élections européennes de début juin.
Lors d’une conférence de presse le 23 avril, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) Patrick Bénézit a appelé à « inverser la trajectoire » qui consiste à « baisser la production [de viande bovine] au niveau européen tout en favorisant les importations par des accords internationaux ». « Refuser de produire moins pour importer plus », c’est le premier axe – et « la pierre angulaire », selon M. Bénézit – des propositions du syndicat pour les élections européennes. « Tant qu’il n’y aura pas de clauses miroir dans les accords, on ne souhaite pas de nouveau quota d’importation », résume-t-il. Tout en remarquant que les accords commerciaux récemment signés ou en cours de négociation comportent « à chaque fois une offre de contingent de viande bovine ».
Avec plusieurs années de retard, l’UE a mis en place une mesure miroir pour interdire l’importation de viande issue d’animaux ayant reçu des antibiotiques comme facteur de croissance. « Un premier signe intéressant », note Patrick Bénzit, mais dont « l’application n’est absolument pas effective » (une déclaration sur l’honneur suffit). La FNB demande aussi l’interdiction des viandes issues d’animaux élevées en feedlots. L’Europe fait « exception » dans le monde en refusant encore ce mode de production généralisé chez les grands producteurs internationaux. Dans son document de propositions, la FNB relève qu’« il est possible, juridiquement, d’interdire l’importation de viandes bovines issues de feedlots », comme dans l’accord UE/Nouvelle-Zélande.
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Renforcer et réformer les aides couplées
Les autres volets proposés par la FNB portent sur des « prix rémunérateurs pour les producteurs » et sur « une Pac soutenant l’élevage bovin ». Réformées dans la nouvelle programmation Pac, « les aides couplées animales doivent être renforcées », de manière à « garder un maximum de cheptel », selon le secrétaire général Cédric Mandin. La Pac doit aussi mieux reconnaître les « aménités positives » de l’élevage, plaide le syndicat. Enfin, le quatrième et dernier axe vise une « transition écologique reconnaissant nos systèmes d’élevage bovins, durables et porteurs de services ». En particulier, l’association spécialisée de la FNSEA veut que les politiques publiques se basent sur une « approche multicritères » pour « évaluer la durabilité » (au-delà des seules émissions de GES). Une évolution qui permettrait, selon la FNB, de mieux reconnaître le modèle bovin français et européen, qualifié de « plus performant au monde sur les plans sanitaire et du bien-être animal ».