Dans un rapport portant sur les effets des antennes relais, installations électriques et éoliennes sur les élevages, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) recommande aux chercheurs de se pencher sur « les pratiques développées sur le terrain par certains géobiologues pour en identifier les éventuels fondements scientifiques », peut-on lire dans le document publié le 25 avril. Constatant le manque de connaissances sur les effets des installations électriques à proximité des bâtiments d’élevage, la mission du CGAAER demande plus de moyens pour la recherche et donne plusieurs pistes, dont l’étude de la « géobiologie », tout en rappelant que cette approche est « très contestée dans le milieu scientifique ». D’après les résultats d’une enquête menée par le CGAAER auxquels ont répondu plus de 1 000 éleveurs, les « géobiologues » sont « fortement sollicités » par les professionnels rencontrant des difficultés qui seraient en lien avec des champs électromagnétiques. Dans les témoignages recueillis, de nombreux éleveurs associent la diminution des troubles du comportement observés chez leurs animaux, souvent des vaches laitières, au passage d’un « géobiologue ».
Cette discipline tend à se structurer autour d’une confédération nationale de la géobiologie (200 « professionnels »), avec une charte professionnelle, un code de déontologie et un socle commun de formation. Plusieurs chambres d’agriculture y cotisent, comme celles des Deux-Sèvres, du Cantal et des Pays de la Loire. Cependant, au vu du recours important à la « géobiologie », « il semblerait au moins nécessaire que les formations s’appuient sur des bases scientifiques solides, pour éviter que n’importe qui puisse se revendiquer géobiologue et profiter de la détresse de certains éleveurs », souligne le rapport. En 2015, un rapport de l’Anses avait conclu à « l’absence de preuves scientifiques démontrant l’impact des ondes électromagnétiques » sur la santé des animaux d’élevage.