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Elevage : L214 dévoile une nouvelle vidéo choc

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La dernière vidéo diffusée par l’association de défense des animaux a été tournée dans un élevage de poules pondeuses en cage, dans le département de l’Ain. Les pratiques mises en avant – cadavres en décomposition dans les cages, asticots sur le sol et les œufs – ont été condamnées unanimement, du ministre aux professionnels. Matines, fournisseur de l’éleveur pointé du doigt, a décidé de ne plus travailler avec lui et de retirer ses œufs des magasins.

L’association de défense des animaux L214 a publié, le 25 mai, une vidéo dénonçant les conditions d’élevages dans les ateliers de poules pondeuses en cage, qui aurait été tournée dans une exploitation de l’Ain. La vidéo met en évidence la présence de cadavres de poules en état de décomposition avancée dans les cages collectives, d’asticots sur les sols de l’élevage et sur les œufs. Suite à sa diffusion, l’association a demandé la fermeture de cet élevage, dans lequel elle assure avoir déjà tourné une vidéo en 2013. Dans la matinée, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a mis en avant la responsabilité de l’éleveur pointé du doigt par L214, qui « a déjà été mis en demeure et sanctionné deux ou trois fois », et qui « porte une responsabilité, pour tous les éleveurs qui travaillent correctement ». Stéphane Le Foll a prévenu : « S’il le faut, je fermerai cet élevage ». Le ministre a qualifié la situation de cet élevage de « lamentable », et d'« insupportable ». Et d’ajouter : « Cet éleveur, je lui dis dans les yeux, c’est une responsabilité lourde vis-à-vis des autres éleveurs ». Les services sanitaires du département (DDPP) ont contrôlé le site, le jour même, et transmis un rapport aux ministères de l’Agriculture et de l’Environnement.

Des pratiques « qui ne reflètent en rien » la filière

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« S’il faut, je fermerai cet élevage », affirme S. Le Foll

Les professionnels ont également condamné les pratiques de l’éleveur. Dans un communiqué, l’interprofession de l’œuf (CNPO) condamne « fermement les pratiques apparemment d’usage dans cet élevage », mais qui « ne reflètent en rien les pratiques des 700 éleveurs de la filière ». L’interprofession met également en cause le comportement de « quelques militants végan qui voudraient faire croire qu’il s’agit de pratiques courantes dans notre métier ». La société Matines, qui collectait les œufs de l’élevage pointé du doigt par L214, a annoncé qu’elle ne les collecterait plus, et qu’elle les retirerait des magasins. « Par mesure de précaution et pour protéger notre image », précise le directeur qualité de l’entreprise, David Cassin, contacté par Agra Presse. « Nous allons régulièrement dans nos élevages pour réaliser des audits. Le dernier dans cet élevage date de 2015. Nous avions noté des écarts – et établi un plan de progrès – mais pas comme ceux constatés ».