« D’un côté vous nous dites que l’élevage européen est le plus efficace au monde, et de l’autre que l’UE perd des parts de marché tous les jours », s’est étonné l’eurodéputé centriste belge Benoît Cassart, le 12 janvier en commission de l’Agriculture, lors d’une audition d’experts sur l’élevage et la gestion des maladies animales. Un constat repris par plusieurs autres élus, notamment les socialistes espagnole Cristina Maestre et français Éric Sargiacomo, qui ont pointé l’importante décapitalisation à l’œuvre dans l’UE. Parmi les causes évoquées par les parlementaires : la multiplication des maladies animales, le manque de renouvellement des générations ou les contraintes environnementales. Et, bien sûr, beaucoup ont déploré, dans ce contexte, la finalisation de l’accord commercial conclu avec les pays du Mercosur qui prévoit des quotas d’importation pour la viande.
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La présentation par la Commission européenne de la stratégie sur l’avenir du secteur de l’élevage, initialement annoncée pour fin 2025, a finalement été repoussée au second trimestre 2026. Les parlementaires prennent donc leur temps pour peaufiner leur rapport d’initiative. Des compromis sont en cours de discussion sur le projet de rapport préparé depuis juin par le conservateur italien Carlo Fidanza. Celui-ci plaide pour la mise en place d’un groupe de haut niveau sur la zootechnie et insiste sur le besoin d’investissement dans le secteur (biogaz, RENURE, recherche de vaccin…).
La Commission européenne a assuré que sa stratégie aurait pour objectif de soutenir les exploitations familiales qui constituent la majorité des fermes d’élevage en Europe en tenant compte de la diversité des territoires. Le groupe de travail lancé en mai 2025 par Bruxelles pour préparer cette stratégie s’est déjà réuni trois fois. En parallèle, sont attendues en 2026 des évaluations de plusieurs réglementations environnementales qui devraient conduire à leur révision : santé animale, fertilisants et surtout la directive Nitrates.