« Les services en élevage laitier coûtent plus cher en France que dans les autres pays », révèle Benoit Rubin, économiste à l’Institut de l’élevage lors de l’assemblée générale de la FNPL (producteurs laitiers) à Arras le 20 mars. Un coût plus élevé de 12 à 15 euros les 1 000 litres de lait que dans le reste de l’Europe (Allemagne, Italie, Danemark, Pays-Bas, Irlande et Pologne). « Soit près de 3 000 à 4 000 euros supplémentaires par an et par unité de main-d’œuvre », calcule-t-il.
Ce coût des services est très variable entre les exploitations françaises. Il se situe entre 25 et 30 euros les 1 000 litres. Et il n’y a que très peu d’économies d’échelle entre une exploitation qui détient un troupeau moyen ou un grand troupeau. La dilution des coûts est bien plus marquée en Allemagne et au Pays-Bas par exemple. Au contraire, en Pologne, le coût des services explose avec la taille du troupeau alors qu’il est très faible dans une exploitation de type moyenne.
Parmi les facteurs qui expliquent de telles disparités entre la France et les autres pays étudiés, la reproduction est « le coût qui est nettement plus élevé en France qu’ailleurs », précise Benoît Rubin. Le coût de la reproduction y est estimé à 40 euros par an et par vache. Le surcoût pourrait s’expliquer moins par les tarifs que par un effet volume. En effet, le modèle laitier français repose davantage sur des inséminateurs extérieurs alors que dans d’autres pays, l’exploitant réalise lui-même l’insémination. Les frais vétérinaires et les frais d’élevage (GDS, contrôle laitier, ETA…) se situent dans la moyenne haute européenne. Quant aux frais de gestion, ils sont plutôt dans la moyenne européenne.
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Les travaux de l’Idèle ne permettent pas, à ce stade, de déterminer précisément les sources de variabilité du coût des services mais Benoît Rubin évoque quelques pistes. La densité des exploitations entraîne inévitablement des distributions des services différentes d’une zone à l’autre et donc des coûts différents. La mutualisation entre exploitations permet des économies. Une réglementation complexe et une forte fiscalité engendrent des coûts de conseil plus importants.
« Le coût de la reproduction est nettement plus élevé en France qu’ailleurs »