Lors de l’assemblée générale du Syndicat national des industriels de la viande (Sniv-SNCP), le 6 octobre, Jean-Paul Bigard, son président, a estimé que « le blocage de la discussion est total » entre éleveurs et industriels au sein de l’interprofession. Explication de sa part.
Entre éleveurs et industriels, « le blocage de la discussion est total » au sein de l’interprofession bovine, lance Jean-Paul Bigard, président du Syndicat national des industriels de la viande (Sniv-SNCP), le 6 octobre lors de l’assemblée générale (AG) de la structure. Il justifie sa déclaration par une « divergence d’objectifs » au sein d’Interbev : « La production défendant l’idée d’une interprofession chargée de la « gouvernance économique » de la filière ». D’après lui, « cette gouvernance comprendrait des dispositifs d’encadrement des prix, de gestion des contrats, d’orientation du commerce extérieur, d’organisation de marché et de sa segmentation, etc. Ce qui mis bout à bout représente l’idée d’un secteur administré depuis un échelon national, ceci dans un monde ouvert où le libéralisme économique souffle en rafale. […] Nous ne pouvons adhérer à un tel projet […] parce qu’il est voué à l’échec et conduira la filière à sa ruine ». Le message est clair. Tout comme la réponse de Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine : « L’AG du Sniv, un non événement ! Inintéressant ! Un hymne au dieu Jean-Paul Bigard ! ». Dominique Langlois, président d’Interbev, se veut plus conciliant et ne reconnaît en aucun cas l’échec du fonctionnement de l’interprofession. L’intervention du ministre le 17 juin était tout de même salutaire.
Nouvelle réunion le 22 octobre
Une prochaine réunion, toujours en présence de Stéphane Le Foll, doit se tenir le 22 octobre, pour faire le point. Exportation, segmentation du marché, cotations sont entre autres au menu. Jean-Paul Bigard semble déjà bien déterminé. A la question de l’export, il assène un « nous n’acceptons pas de leçons car nous sommes les seuls à avoir fait nos preuves dans ce domaine ». La FNB reproche au premier groupe transformateur de viande, Bigard, dont Jean-Paul Bigard est aussi le patron, de ne s’être cantonné qu’au marché européen alors que la demande actuelle porte plutôt sur les pays tiers. Quant à la SAS France Viande Export, dont l’inauguration a eu lieu le 12 octobre, Jean-Paul Bigard n’a pas brillé par son implication, selon bon nombre d’opérateurs et cela malgré ses dires : « Nous sommes définitivement des mordus de l’exportation pays-tiers ». Trier les carcasses, faire maturer les viandes, « oui, […] Mais que chacun fasse son métier », répond Jean-Paul Bigard. « L’interprofession peut promouvoir des bonnes pratiques professionnelles, mais elle doit s’arrêter là où commence la responsabilité des acteurs économiques : éleveurs, abatteurs, distributeurs ». Stéphane Le Foll a encore du travail devant lui !
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Le Sniv-SNCP devient Culture Viande
Le Syndicat national des industriels de la viande (Sniv-SNCP) change de nom et devient Culture Viande a annoncé Jean-Paul Bigard, son président, lors de l’assemblée générale du syndicat le 6 octobre. « Se remettre en question en permanence est dans notre culture », a expliqué Jean-Paul Bigard avant de continuer : « Nous allons changer d’époque, aussi nous allons changer de nom ! ». La crise que vivent les filières viandes depuis plusieurs mois est probablement à l’origine de cette action de communication. Culture Viande, au travers de son président, exige d’ailleurs de la part de l’interprofession bovine « une stratégie de communication sérieusement revue » et plus de professionnalisme aux membres de la filière. Jean-Paul Bigard a également regretté « l’absence de la volonté de la FNICGV d’opérer un rapprochement ».