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Elzeard veut simplifier la vie des maraîchers

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C’est une équipe de trois informaticiens qui s’est donné comme mission, il y a deux ans, de simplifier la vie des 25 000 maraîchers et légumiers français. Partant du constat que les logiciels de gestion et planification (ERP) agricoles (ex. Ekylibre, Isagri) ne visaient pas spécifiquement cette « niche », ils ont entamé une série d’ateliers pour comprendre ses besoins. Un travail qui a abouti en septembre au lancement d’un logiciel en bêta test, dont la commercialisation est prévue au printemps.

Avec jusqu’à 50 cultures, trois rotations par parcelle et une mosaïque de planches sur une même exploitation, les maraîchers ont, plus que d’autres agriculteurs, un vrai défi de planification à surmonter au quotidien. C’est d’autant plus vrai lorsqu’ils doivent faire appel à de la main d’œuvre, ou lorsqu’ils sont jeunes installés. Ce travail, souvent appuyé sur des fichiers excel ou des cahiers, Elzeard propose donc de le transposer sur un ordinateur, pour mieux l’automatiser.

Le logiciel propose des itinéraires techniques et des semainiers préremplis, par planche, selon les cultures que les maraîchers prévoient de semer dans son parcellaire. Libre aux maraîchers de modifier ensuite leurs itinéraires en fonction de leurs connaissances et de leurs conditions pédo-climatiques. L’idée est d’éviter un maximum de saisie. Comme un ERP classique, l’outil va d’ailleurs jusqu’à la génération de bons de commande et de documents réglementaires.
Le cœur de cible de la start-up est le petit/moyen maraîcher, qui ne dispose pas d’un chef de culture. Mais les grandes exploitations ont également des problématiques de traçabilité et de gestion de la main d’œuvre qu’Elzéard se propose de résoudre. Le service de base devrait être commercialisé sous forme d’abonnement, entre 30 et 100 euros par mois selon la surface. Il sera d’abord disponible sur ordinateur, puis sur mobile courant 2021.

Spécificité d’Elzéard, ses trois associés veulent se situer dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Leur objectif est de créer à terme une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). La structure dispose d’ailleurs déjà d’un comité stratégique composé d’agriculteurs, de conseillers, d’informaticiens, mais aussi de chercheurs. Elle travaille en particulier avec l’Inrae sur les itinéraires techniques qu’elle souhaiterait à terme mettre librement à disposition d’un site internet dédié.

Dans cette même idée, la start-up, qui s’est jusqu’ici financée en fonds propres et soutiens publics régionaux, prévoit donc une levée de fonds intermédiée par des opérateurs de la finance dite « à impact positif », comme France Active. L’argent récolté servira à embaucher du personnel, en vue d’accélérer la commercialisation, et de conquérir de nouveaux marchés, en Espagne et en Italie.