Sans être inscrit officiellement au menu des discussions des ministres de l'agriculture de l'UE, le 13 octobre à Luxembourg, l'embargo russe occupera le centre des débats. Les pays les plus affectés, Finlande, pays baltes et Pologne, demandent des aides compensatoires pour les agriculteurs. La Pologne insiste particulièrement sur l'impact négatif des quotas laitiers. Dans un autre domaine, les ministres échangeront sur la contribution du secteur agricole à la stratégie 2020 dans les domaines de l'emploi, de la recherche et de la réduction de la pauvreté.
LES ministres de l'agriculture des Vingt-huit se réunissent le 13 octobre à Luxembourg pour un Conseil au centre duquel l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE sera très présent même si le sujet n'est pas officiellement au programme.
L'Italie, qui assure la présidence du Conseil, a prévu un point sur l'épidémie de peste porcine africaine avec un échange de vues entre les ministres sur ce sujet. La Commission européenne informera par ailleurs le Conseil sur l'état des lieux des échanges internationaux de produits agricoles. Ces deux points ne devraient pas manquer d'aborder plus ou moins directement l'embargo russe, notamment les actions prises par Bruxelles pour chercher de nouveaux débouchés aux produits agricoles de l'UE (notamment en faisant lever certaines barrières phytosanitaires aux échanges) (1).
La Pologne a également demandé des mesures complémentaires pour venir en aide au secteur laitier. Varsovie plaide pour la mise en place de restitutions aux exportations qui permettraient de désengorger le marché européen et demande aussi, avec la Finlande et les pays baltes, des aides directes compensatoires pour les éleveurs laitiers les plus affectés et en particulier ceux ayant dépassé leurs quotas de production et qui vont devoir s'acquitter de nouvelles pénalités en 2014/2015 (2). Pour la Pologne, la meilleure solution reste l'ajustement des coefficients de matière grasse du lait pour cette dernière campagne de mise en œuvre des quotas, sur lequel le Conseil n'est pas parvenu à tomber d'accord au mois de juillet (3).
La contribution de l'agriculture à l'emploi, la recherche et la réduction de la pauvreté
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Autre point à l'ordre du jour de ce Conseil : un débat d'orientation consacré à l'examen à mi-parcours de la stratégie Europe 2020 « pour une croissance intelligente, durable et inclusive ». Les ministres de l'agriculture doivent apporter leur contribution au réexamen, prévu en 2015, de cette stratégie dont les grands objectifs sont l'emploi, la recherche et développement, le climat et l'énergie, l'éducation, l'insertion sociale et la réduction de la pauvreté. « Si en matière d'éducation, de climat et d'énergie, l'UE se rapproche des objectifs qu'elle s'est fixés ou est sur le point d'atteindre, ce n'est pas le cas pour l'emploi, la recherche et le développement ou la réduction de la pauvreté », estime la présidence italienne qui invite les ministres des Vingt-huit à donner leur avis sur ces trois derniers sujets. La stratégie Europe 2020 a-t-elle produit des résultats tangibles ? Comment la stratégie pourrait-elle s'articuler au mieux avec d'autres politiques dans le domaine relevant de la compétence du Conseil agricole ? Et comment la Pac peut-elle contribuer le mieux à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020, notamment en matière d'emploi ? Ce sont les trois questions générales auxquelles les ministres devront répondre. Enfin, la Commission de Bruxelles devrait informer le Conseil sur les négociations en cours au Conseil oléicole international (COI).
(1) et (2) Voir même numéro
(3) Voir n° 3457 du 21/07/2014