Les organisations et coopératives agricoles de l’UE déplorent, dans un communiqué du 16 mars, la position adoptée par les ministres de l’Environnement de l’UE sur la révision de la directive Émissions industrielles étendue au secteur de l’élevage. Les seuils d’entrée dans le dispositif pour les élevages de bovins et les porcs ont été fixés à 350 unités de gros bovins (UGB) et pour ceux de volaille à 280 UGB. « Au moins, les débats houleux qui ont entouré les négociations ont permis de clarifier un point : l’approche par seuil proposée par la Commission européenne est avant tout politique, punitive et aura des conséquences imprévues lorsqu’elle sera appliquée dans les exploitations agricoles », dénonce le Copa-Cogeca qui rejette les objectifs convenus entre les Vingt-sept. Et Christiane Lambert qui intervenait le 21 mars lors d’un webinaire organisé sur le sujet par le groupe centriste Renew du Parlement européen d’ajouter : « Ce ne sont pas des chiffres techniques mais purement politiques sortis du chapeau sans aucune réalité scientifique. Cela n’a aucun sens au niveau des exploitations. »
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Autre critique : la mesure visant à empêcher une exploitation de se scinder en deux pour échapper aux contraintes promet d’être un « casse-tête administratif » avec « des concepts flous de "proximité" et de "relation économique ou juridique" menaçant le modèle d’entreprise des coopératives ». Et le Copa-Cogeca émet aussi des préoccupations concernant l’examen public des demandes d’autorisation pour les installations indiquant que « des informations personnelles sur les agriculteurs et leurs familles comme d’autres informations privées » pourraient être divulguées. Le Copa-Cogeca appelle donc le Parlement européen, qui doit encore adopter sa propre position en vue de futures négociations, de « protéger » le secteur de l’élevage qui « mérite mieux que le dogmatisme et l’idéologie ! ».