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Émissions industrielles : levée de boucliers du secteur de l’élevage

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Avec sa proposition de révision de la directive européenne sur les émissions industrielles, la Commission européenne veut « multiplier par près de dix » le nombre d’élevages bovins, porcins et avicoles qui seront couverts à l’avenir, « en visant les exploitations familiales et en les classant dans la catégorie des installations agro-industrielles », dénoncent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui y voient « une approche comptable idéologique et déconnectée de la réalité des exploitations ». Selon le Copa-Cogeca, en l’état, cette révision obligerait des milliers d’élevages familiaux à se conformer à un protocole d’émission « coûteux, conçu avant tout pour les grandes entreprises », regrette l’organisation. La Commission européenne prévoit que toutes les exploitations bovines, porcines et avicoles comptant plus de 150 unités de gros bétail (UGB) tombent sous le coup de la directive. Avec ce seuil, estime le Copa-Cogeca, en Allemagne et en Finlande, plus de 90 % de la production de poulets de chair seraient considérés comme issus d'installations agro-industrielles, et en France ce serait le cas de 90 % de la production porcine, bovine et laitière.

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Lire aussi : Émissions industrielles : Bruxelles veut couvrir les élevages de plus de 150 UGB

Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, s’est pourtant félicité d’avoir déjà obtenu un assouplissement du texte qui prévoyait initialement un seuil à 100 UGB. Insuffisant pour les ministres de l’Agriculture français et espagnol qui se sont, eux aussi, inquiétés de ce projet lors de la réunion du Conseil Agriculture le 7 avril à Luxembourg. Pour le ministre espagnol, Luis Planas, il est « irréel » qu’en ce moment, « avec la priorité que nous avons par rapport à la production alimentaire, la Commission européenne publie ce projet ». « Est-ce qu’un élevage d’une centaine de vaches allaitantes dans nos montagnes en Europe est un élevage industriel ? La réponse est non ! », s’est pour sa part emporté le ministre français Julien Denormandie. « Au même moment, nous laissons entrer en Europe des viandes d’élevages utilisant des antibiotiques de croissance dans des fermes sud-américaines à 10 000 vaches. C’est une aberration. »