Renforcement du pouvoir de négociation des organisations de producteurs et « évolution » du droit de la concurrence, outils « adaptés » de gestion des risques et de régulation : les orientations d’Emmanuel Macron pour la Pac, pour une « Europe qui protège », sont proches de celles que la commission de l’agriculture du Parlement européen cherche à imposer dès 2018 par le biais de ses amendements au règlement dit omnibus.
À Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, entre autres, a immédiatement salué le 7 mai la victoire au second tour de l’élection présidentielle française d’un pro-européen, Emmanuel Macron. Alors que débute le débat sur le futur de la Pac, le nouveau chef de l’État a pour ambition, si l’on se réfère à son programme électoral, d’actualiser cette politique, plutôt que la réviser en profondeur, avec la volonté d’en maintenir le budget. Sa ligne est a priori proche de celle que préconisent les eurodéputés « agricoles » dans les nombreux amendements à la réglementation actuelle qu’ils ont votés le 3 mai dans le cadre de la procédure d’adoption du règlement dit omnibus. L’idée étant d’appliquer ces changements dès 2018 puisqu’il apparaît de plus en plus difficile de négocier dans les temps une réforme pour l’après-2020.
Emmanuel Macron compte deux soutiens de la première heure au sein du groupe libéral (ALDE) du Parlement européen : Sylvie Goulard, membre de la commission des affaires économiques et monétaires, et Jean Arthuis, président de celle des budgets et membre suppléant de la commission des budgets. Le nom du nouveau premier ministre français doit être connu le 15 mai et le gouvernement formé dans la foulée.
Faire « évoluer » le droit européen et « protéger »
Le nouveau président français estime que les agriculteurs doivent « peser plus dans les négociations avec les industriels de l’agroalimentaire » pour obtenir « des prix justes », et se prononce par conséquent pour une « évolution » à leur bénéfice du droit européen de la concurrence ainsi que pour « le développement de véritables organisations de producteurs, avec des capacités de négociations renforcées ». Se disant partisan d’une « Europe qui protège », il opte pour « des outils de gestion des risques efficaces et adaptés », dont le caractère volontaire serait maintenu, citant par exemple « l’épargne de précaution individuelle qui permet de surmonter la baisse des prix de vente ou l’assurance climatique ». Et contre la volatilité des prix, il préconise « la mise en place d’outils de régulation adaptés à chaque filière ». Sans plus de précisions à ce stade.
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Pour Emmanuel Macron, il s’agira parallèlement, afin d’assurer la compétitivité des agriculteurs français, de « favoriser la convergence sociale et fiscale au niveau européen ». Ceux-ci seraient aussi « rémunérés pour les services environnementaux (entretien des paysages, pâturage des alpages qui réduisent les avalanches, etc.) qu’ils rendent, à hauteur de 200 millions € par an dans le cadre de la Pac ».
De plus, un calendrier serait défini pour « l’élimination progressive des pesticides en commençant par ceux qui présentent un risque pour la biodiversité ou la santé, et le développement d’alternatives », étant entendu que devra être soutenue « l’adoption d’exigences similaires au niveau européen ».
Emmanuel compte deux soutiens au parlement européen : Sylvie Goulard et Jean Arthuis