Les agriculteurs, ou leurs représentants, s’interrogent de plus en plus : les nouvelles technologies qui pointent leur nez dans les champs et les prairies vont-elles provoquer une réduction massive des emplois et du nombre d’exploitants ? La question était notamment posée au sein du colloque Farre le 1er février. Comme elle l’était, d’une manière plus générale, à la primaire de gauche à propos du revenu universel. La première réaction pourrait être de craindre un renouveau de l’exode agricole. Ce serait une fausse idée.
L’agriculture représente une bonne illustration du débat sur l’avenir du travail à l’heure des technologies de pointe. Si ces technologies (biocapteurs, drones, big data, internet, etc.) font effectivement irruption dans le monde agricole, elles pousseront à une amélioration de la productivité des fermes. Et si la France agricole veut rester sur un pied d’égalité avec les autres pays, ses concurrents, ses agriculteurs ont intérêt à investir pour viser cette modernité. Du coup, une meilleure compétitivité maintiendra ou ouvrira des marchés. Développera des industries en aval ou en amont. Attirera des jeunes pour s’installer. La concentration en agriculture (un fait déjà ancien) sera plus que compensée par des emplois dans chaque ferme, ainsi qu’en amont et en aval. C’est la compétitivité et des marchés nouveaux qui font que l’emploi se développe. C’est le retard, l’obsolescence, le manque de compétitivité qui fait que l’emploi s’étiole.
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L’emploi n’est pas condamné à céder face au robot. Il doit simplement s’adapter et adapter le robot lui-même aux tâches répétitives, sans intelligence. C’est avoir bien peu de confiance en l’homme que de croire le contraire.