Les grandes entreprises agroalimentaires sont en première ligne pour assurer un bon approvisionnement des populations en temps de crise. Elles doivent aussi encourager leurs collaborateurs à rester en bonne santé et à garder leur poste de travail dans les usines.
A quelques heures d’intervalle, deux géants des produits laitiers ont annoncé des mesures pour rassurer leurs salariés. Danone, tout d’abord, par la voix de son p.-d.g. Emmanuel Faber, s’est engagé à ne se séparer d’aucun collaborateur d’ici la fin du mois de juin. « Tous les contrats de travail chez Danone, tous les salaires, mondialement, sont garantis pour les trois prochains mois », a-t-il déclaré le 26 mars au micro de RTL. « Il n'y aura aucune rupture de contrat de travail dans les trois mois qui viennent en raison du coronavirus », a-t-il insisté. Et pour conforter les revenus de ses salariés, Danone va verser « une prime d'urgence alimentaire » à ses collaborateurs sur le terrain dans le monde entier, à l’exclusion donc de ceux qui sont en télétravail. En France, où le versement de cette prime exceptionnelle est encouragé et facilité par le gouvernement, elle prendra « la forme de la prime de continuité de production d'approvisionnement pour un montant de 1 000 euros », a déclaré Emmanuel Faber. Dans le monde, Danone emploie 100 000 personnes, dont 9 000 en France. 5000 salariés français devraient bénéficier de cette prime. Et en cas de chômage partiel, Danone complètera le manque à gagner pour le salarié. Les 15 000 entreprises qui travaillent avec Danone vont aussi bénéficier d’un « dispositif de soutien (...) de 250 millions d'euros, pour leur permettre de passer les trois mois qui viennent en termes de trésorerie, que nous prenons nous-mêmes sur nos fonds propres », a indiqué Emmanuel Faber.
Le versement de cette prime intervient dans un contexte difficile pour les entreprises qui doivent continuer à produire, notamment lorsqu’elles opèrent dans des secteurs vitaux. En France, des syndicats ont déploré ces derniers jours des conditions de sécurité au travail qui ne sont pas assurées et appelé les salariés à faire jouer leur droit de retrait. La prime de 1000 euros a aussi été promise par plusieurs distributeurs alimentaires (Agra Alimentation du 25 mars 2020) dont les salariés sont en contact avec le grand public.
Nestlé versera 10 M CHF à la Croix Rouge
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Nestlé, de son côté, a aussi envoyé un signal à ses salariés (291 000 dans le monde) afin qu’ils restent à leur poste en ces temps difficiles. « Tous les collaborateurs avec un salaire horaire et un salaire mensuel qui sont touchés par des arrêts temporaires seront payés entièrement pour un minimum de douze semaines », a promis Nestlé dans un communiqué le 26 mars. « En cas de besoin, nous offrons des repas ainsi que des transports gratuits à nos collaborateurs pour réduire le risque qu’ils tombent malades. De plus, nous avons mis en place des dispositions généreuses en matière de congé maladie pour les personnes qui contractent le virus et nous allons faire des prêts ou des avances pour les personnes en difficultés financières », a ajouté l’entreprise.
Nestlé a aussi tenu à communiquer sur son action caritative à l’occasion de la crise sanitaire. L’entreprise, en collaboration avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), va « donner de la nourriture, des produits de nutrition médicale et de l’eau pour porter secours à ceux qui sont les plus affectés par la pandémie » et « déployer les capacités logistiques disponibles grâce à nos activités de restauration hors foyer pour soutenir les besoins de la FICR dans différents pays. » Nestlé prévoit aussi un faire un don de 10 millions de francs suisses à la FICR « pour un déploiement immédiat dans les pays qui en ont le plus besoin » et va doubler tous les dons qui seront faits par ses employés aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou à la Fédération.