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Foncier En 2012, le marché immobilier rural subit la crise

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En 2012, les marchés ruraux n’échappent pas à la crise : les échanges de maisons de campagne, des terres agricoles, ainsi que ceux nés de l’urbanisation, reculent. La France affiche toujours de fortes disparités selon les régions et les types de production.

Le marché du foncier rural n’aura pas fait exception. En 2012, en lien avec la crise économique, le marché foncier rural est en berne. Le nombre de ventes baisse de 4%, tandis que les valeurs plongent de 9% et les surfaces échangées de 5%. Tel est le bilan annuel dressé pour l’année 2012 et présenté le 30 mai par le bureau d’études Terre d’Europe-Scafr et la FNSafer. Alors que les taux d’emprunt sont bas, c’est la situation économique et la frilosité des banques qui expliqueraient cette morosité.

L’exception viticole

Il y a quelques exceptions dans ce bilan négatif : les petites parcelles forestières (1) et les vignobles hauts de gamme. Par exemple, le prix d’un hectare de champagne augmente de 21,5% en moyenne en 2012 et atteint 1,09 million d’euros. Les vignobles haut de gamme (champagne mais aussi cognac et certains grands crus bordelais ou de Bourgogne) sont tirés par la demande croissante des produits de luxe, notamment hors Europe.

Les biens loués prennent le pas sur les biens libres

Le marché des biens agricoles se ferme lui aussi. Les échanges de biens libres, en particulier, baissent de 5,4% en nombre et 5,9% en surface. Les biens loués, quant à eux, sont stables en nombre et abandonnent 3,6% en surface. Les biens loués prennent ainsi le pas sur les biens libres, ce qui « confirme la fonction dominante du marché foncier agricole, analyse le rapport : celle de la consolidation de l’assise foncière des exploitations de la part des fermiers en place », analysent les auteurs.
Quant aux prix des terres agricoles, ils se maintiennent. Le prix des terres et prés louées affiche une hausse de 2,5% et atteint 4 060 €/ha. Celui des terres libres augmente de 1,1 % (en euros courants, l’inflation étant de 1,6% sur la période) à 5 420 €/ha en moyenne. La stagnation du prix des terres libres s’explique, selon la FNSafer, par les réticences des banques à accorder des prêts, et l’anticipation par les acquéreurs de réformes de la Pac qui pourraient diminuer les aides à l’hectare, ainsi que par la perspective d’une hausse du prix des intrants.

Les écarts de prix se creusent entre zones de culture et d’élevage

La stagnation des prix des terres agricoles à l’échelle nationale cache de fortes disparités selon les filières. Ainsi, la stagnation des prix s’est surtout faite sentir dans les zones de polyculture-élevage (5 410 €/ha en moyenne) et d’élevage (4 220 €/ha en moyenne en élevage bovin). De fait, l’écart se creuse entre les prix des terres des zones de grande culture (6 500 €/ha en moyenne, en hausse de 1,5% sur 2012) et les terres dédiées à l’élevage notamment bovin, qui perdent 1,5 %.

Transparence

Comme l’an dernier, la FNSafer avertissait sur le manque de transparence et de visibilité sur certaines transactions. Ainsi, les transactions de parts sociales de structures agricoles sociétaires n’ont aucune obligation d’être notifiées aux Safer. Les données dont ces dernières disposent peuvent donc passer à côté de mouvements importants d’agrandissement. Il devient aussi impossible de repérer d’éventuelles arrivées de capitaux extérieurs et étrangers dans des structures devenues plus grandes. Toujours minoritaires, les formes « sociétés anonymes » progressent, en nombre et en surface. En 2007, elles représentaient 256 000 ha. « Ces unités appartiennent à des secteurs à haute valeur ajoutée comme le champagne et le cognac, mais aussi le maraîchage et la riziculture. Les plus grandes exploitations de grandes cultures françaises, dans un contexte de haut niveau de prix des matières premières agricoles, pourraient voir affluer des capitaux d’origine non agricole. La législation n’y pose pas d’obstacle, le secteur viticole en est l’illustration. Tout dépendra de l’attractivité financière et fiscale du secteur agricole pour des investisseurs qui cherchent des rentabilités élevées au moment des crises économiques, et parient sur une tension entre offre et demande de biomasse végétale », conclut la FNSafer.

(1) voir Agrapresse n°3399 du 20 mai 2013

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