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Production laitière En 2020, près d'un tiers du cheptel dans des étables de plus de 100 vaches

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Selon une étude prospective réalisée par des économistes de l'Institut de l'Elevage, l'Inra et FranceAgrimer, près d'un tiers du cheptel français de vaches laitières sera détenu par des exploitations de plus de 100 vaches laitières en 2020. En 2013, on comptait déjà 5 000 exploitations dépassant ce seuil symbolique.

Marginales avant les années 2000, les exploitations laitières de plus de 100 vaches deviennent de plus en plus fréquentes dans les campagnes, et ce n'est pas près de s'arrêter. Selon une étude prospective Inra-Institut de l'élevage-FranceAgrimer, près d'un tiers du cheptel français de vaches laitières (32%) devrait être détenu par des exploitations de plus de 100 vaches laitières en 2020. Une évolution fulgurante quand on pense qu'elles ne pesaient que 3% des vaches françaises en 2000 (voir graphique). « Jusqu'aux années 2000, nous observions surtout la disparition des exploitations laitières de moins de 25 vaches laitières. Mais désormais le fait marquant, c'est l'apparition de grandes exploitations laitières à la française avec plus de 100 vaches laitières », constatait Christophe Perrot, lors des Journées de recherche sur les ruminants (3R), le 3 décembre. Selon les derniers chiffres (novembre 2013), ces exploitations de plus de 100 vaches représentent aujourd'hui 16% du cheptel laitier, et on en dénombre déjà 5000, contre seulement 4000 un an plus tôt.

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Cela veut-il dire que, ces dernières années, les grandes exploitations grandissent plus vite que les autres ? Non, répondent les économistes. Des études de trajectoires d'exploitations, réalisées entre 2008 et 2013, montrent que le taux de croissance d'une exploitation laitière (cheptel final/cheptel initial) est peu lié à sa taille initiale ou à sa zone géographique. Néanmoins, elles sont historiquement situées, à cause du mode de gestion des quotas, dans les zones laitières les moins denses. En 2010, la moitié des exploitations de plus de 800 000 litres de lait étaient situées dans les zones de polyculture-élevage. Fin 2013, les exploitations de plus de 100 vaches laitières y représentent jusqu'à 25% du cheptel (jusqu'à 36% en Vendée). En zones d'élevage, les exploi-tations de cette taille sont majoritairement des sociétés (61%). Les chercheurs se demandent aujourd'hui si ces grandes exploitations sont plus rentables que les autres, par unité de main d'œuvre. « C'est un débat important dans la filière et sur lequel il n'y a pas encore consensus », conclut Christophe Perrot.