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En 2025, 50% des ventes de la branche AA d’Agrial se feront à l’étranger

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En Amérique du Nord et dans les pays européens limitrophes, le groupe coopératif va poursuivre le développement de son portefeuille de marques agroalimentaires. Une stratégie source de synergies, mais aussi de débouchés pour les adhérents et enfin de valeur ajoutée sur des marchés plus rentables que la France.

En Amérique du Nord et dans les pays européens limitrophes, le groupe coopératif va poursuivre le développement de son portefeuille de marques agroalimentaires. Une stratégie source de synergies, mais aussi de débouchés pour les adhérents et enfin de valeur ajoutée sur des marchés plus rentables que la France.

Le groupe coopératif normand Agrial vient de dresser le bilan de l’exercice 2018. Les ventes ont progressé de 6% à 5,84 milliards d’euros, surtout grâce aux acquisitions (+2% à périmètre constant) et la coopérative a continué à investir dans ses outils avec 150 millions d’euros hors acquisitions (136 millions d’euros en 2017), notamment dans l’usine française Créaline et dans le centre de conditionnement de Van Oers United aux Pays-Bas. Et dans le même, il a réduit sa dette de 26 millions à 805 millions. En revanche, dans un contexte compliqué (mauvaises récoltes, volatilité des matières premières), l’EBE fléchit à 212 millions d’euros (contre 225 millions d’euros en 2017), alors qu’il était en constante progression ces dernières années et à 160 millions d’euros en 2014. Le résultat net recule lui aussi à 58 millions d’euros (-8,6%) après plusieurs exercices en hausse, dont 27% est reversé aux adhérents.

Le directeur général Ludovic Spiers et le président Arnaud Degoulet se montrent satisfaits du développement à l’international, vecteur de valeur ajoutée, et qui permet de répartir les risques en étant présent sur différents bassins de production et différents marchés pour les ventes. Toutes les marques ont vu leurs ventes progresser et l’année dernière, deux marques ont même été lancées : Les 300 & Bio (produits ultra frais à base de lait bio et équitable) et Priméale Gourmet (offre premium). Quant aux acquisitions (Tallec, Rotkäppchen Peter Jülich, Aston Manor), elles ont permis de renforcer le portefeuille de marques.

Rentabilité, sécurité et débouchés

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« L’expansion hors des frontières est vraiment bien vue des adhérents », explique Ludovic Spiers, surtout que « la rentabilité y est nettement supérieure que celle observée en France ». La commercialisation des produits y est souvent plus aisée, comme aux Etats-Unis, où le directeur général se réjouit de pouvoir traiter avec 35 distributeurs différents. Une situation radicalement opposée à celle en vigueur en France. L’international est aussi une source de débouchés pour les adhérents : le lait français alimente l’usine rachetée à Senoble en Italie, et 3 tonnes de concentré de pommes ont traversé la Manche vers les usines d’Aston Manor, premier cidrier indépendant au Royaume-Uni, repris majoritairement l'été dernier. Les synergies sont un axe fort pour 2019 à l’image de la branche lait qui a obtenu un million d’euros en optimisant les flux de matière première.

En 2018, le groupe a réalisé 27% de ses ventes hors de France, et même 36% pour la branche agroalimentaire. Cette part est appelée à encore progresser, puisque dans le cadre du projet interne Horizon 2025, l’objectif est de parvenir à 50% des ventes de la branche agroalimentaire réalisées à l’international.

Pour cela, le groupe coopératif va encore se renforcer hors de France. Il compte ainsi de monter à 100% du capital du canadien Saladexpress (légumes prêts à l’emploi) d’ici les deux à trois prochaines années. « Notre stratégie prévoit de faire une pause dans les acquisitions » selon Ludovic Spiers, mais si une opportunité se présente, le groupe peut revoir sa stratégie. « C’est ce qui est arrivé avec Aston Manor alors qu’on ne s’y attendait pas », souligne à ce sujet Arnaud Degoulet. La salaison premium est un axe de développement pour des opérations de croissance externe qui permettraient de structurer cette activité au sein du groupe. 

Pour financer cette expansion, le groupe ne s’interdit pas non plus de se séparer d’activité non rentables ou opérant sur des marchés au potentiel limité. Il s’est ainsi retiré, début 2019, de ses activités de légumes en Italie et en Suisse, pour mieux recentrer sa branche légumes prêts à l’emploi sur la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Pour la branche lait, la priorité est donnée à un petit groupe de pays : l’Italie, l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne. Quant à son niveau de dette, ce n’est pas un sujet d’inquiétude pour ses dirigeants qui mettent en avant son niveau d'endettement rapporté à un milliard d’euros de fonds propres.