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En Argentine, baisse historique du fleuve Paraná, 244 M$ à l'eau

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La baisse historique du fleuve Paraná sur le début de l'année 2020 devrait engendrer 244 M$ de surcoûts logistiques, dus au chargement incomplet des vraquiers et à leur détour vers d’autres ports que ceux du Grand Rosario. Le flux des exportations agricoles argentines, ralenti, est néanmoins assuré.

Le niveau historiquement bas du fleuve Paraná a entraîné des surcoûts logistiques pour l’exportation de grains, d’huiles, de tourteaux et de biocarburant depuis les 29 terminaux portuaires du Grand Rosario, estimés pour les quatre premiers mois de cette année à 244 millions de dollars (M$) par la Bourse du commerce de Rosario (BCR). « Ces pertes sont répercutées par les groupes d’import-export sur les prix du soja et du maïs payés aux entreprises agricoles argentines », révèle à Agra Presse Julio Calzada, le directeur du service d’études économiques de la BCR.

Dans un tel contexte, l’effondrement de la paroi d’une berge survenu le 9 mai dernier, sur une longueur de 60 m, au niveau du port d’Arroyo Seco, au sud de Rosario, a soudain diminué d’environ un mètre encore la profondeur du lit du fleuve, provoquant une file d’attente de navires céréaliers en attendant que deux dragues leur ouvrent ce point de passage déjà critique.

Plus bas depuis 49 ans

Le fleuve Paraná, voie de navigation longue de 3 442 km qui part de Puerto Cáceres, au Brésil, qui traverse la Bolivie, le Paraguay, puis l’Argentine et l’Uruguay d’où elle débouche sur l’océan Atlantique, a atteint son plus bas niveau depuis 49 ans, le 29 avril dernier, lorsque l’hydromètre de la ville de Rosario a marqué 0,40 m. Or, Rosario est l’épicentre du plus grand pôle industriel oléagineux au monde.

« Au milieu de son lit, la profondeur du fleuve reste d’une dizaine de mètres, mais le tirant d’eau en charge des vraquiers qui partent des ports de Rosario est désormais de 30 pieds [9,15 m], voire 29 pieds, alors qu’il est habituellement de 34 pieds », poursuit Julio Calzada. Ainsi, chaque pied de profondeur disponible en moins représente pour un vraquier une charge manquante d’environ 2 000 tonnes (t). Entre les mois de mars et de mai, 510 navires devaient transiter sur le fleuve Paraná, dont 185 Handysize, 77 Tankers, 126 Supramax et 122 Panamax, selon la BCR. 

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Parmi les surcoûts occasionnés de janvier à avril par cette décrue historique, la BCR distingue les chargements manquants ainsi que le fret additionnel vers d’autres ports tels que Necochea, Bahía Blanca et Santos pour les compléter (91,2 M$), de la baisse du prix FOB argentin (86,4 M$) et des retards du transport (13,7 M$), entre autres. Malgré ces pertes, le flux des exportations agricoles argentines, certes ralenti, est garanti pour cette année.

Climat sec en amont du fleuve

Le niveau extrêmement bas du Paraná est causé par le climat sec qui perdure depuis un an en amont du fleuve, au Paraguay et au sud du Brésil. Cette situation inédite advient au pic de la récolte argentine de soja et de maïs, alors que les protocoles sanitaires renforcés à cause de la pandémie du Covid-19 ralentissent déjà les exportations agricoles de l’Argentine et celles du Paraguay.

L’un des points de navigation les plus critiques est le passage de Borghi, près du port de San Lorenzo, où un navire s’est échoué, début avril, sur un banc de sable, devant être remorqué. « Ce type d’accident pourrait devenir fréquent à l’avenir car les prévisions météo au Brésil pour le mois de mai sont pessimistes », avertit Julio Calzada. 

« Les prévisions météos au Brésil pour le mois de mai sont pessimistes »