Le cheptel chinois de truies a baissé de 13% entre les mois de décembre 2013 et 2014, selon les données officielles chinoises transmises par l'Institut de l'élevage. Les observateurs s'attendent donc à une augmentation des importations chinoises en 2015.
Le plus gros producteur mondial de porc pourrait augmenter sensiblement ses importations en 2015. La faute à une forte décapitalisation de son cheptel de truies durant toute l'année 2014. Après deux années de cours favorables (2010 et 2011), les prix intérieurs sont en berne depuis 2012, et ont continué de baisser sur l'année 2014. Faute de rentabilité, les éleveurs ont réduit leur potentiel de production et envoyé une partie significative de leurs truies à l'abattoir. Si bien qu'en décembre 2014, le cheptel de truies était inférieur de 13% à ce qu'il était un an plus tôt, rapporte l'Institut de l'élevage, selon les données officielles chinoises. Ce phénomène de décapitalisation, qui dure depuis 16 mois consécutifs, maintient les prix du porc à un niveau bas, tel que les produits importés restent désavantagés. « En raison des prix bas, les importations ont baissé de 5% en valeur en 2014 », constate une analyste française en Chine. Plusieurs interventions du gouvernement chinois (achats et stockages de viande de porc) n'y ont rien changé jusqu'ici. « Pour l'instant, on observe une stabilisation des prix », constate l'analyste. Mais le phénomène de décapitalisation devrait finir par s'estomper, estiment les analystes, et le manque d'offre aboutir à une hausse des prix favorisant les importations.
Un porc sur deux est chinois
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« Avec la décapitalisation qui a eu lieu en 2014, les Chinois devraient avoir moins de cochon, et augmenteront certainement leurs importations », résume Jean-Pierre Joly, directeur du marché du porc breton (MPB) de Plérin. Le pays compte 661 millions de têtes en 2014, « soit un porc sur deux dans le monde », rappelle l'analyste basée en Chine. Une perspective positive pour les éleveurs français qui souffrent de cours en berne depuis un an, pour cause d'embargo sanitaire russe. D'ailleurs, explique Jean-Pierre Joly, « si l'embargo russe se débloque, le marché européen peut redevenir porteur très rapidement ». Mais, note-t-il, un embargo se décrète plus vite qu'il ne se lève.