À quelques jours de la tenue du Space à Rennes du 13 au 16 septembre, la FNSEA met la pression sur le gouvernement. Dominique de Villepin n’a pas cent jours pour redonner confiance aux agriculteurs. Son intervention du 13 septembre est particulièrement attendue. S’il déçoit, la FNSEA décidera d’une possible mobilisation syndicale une quinzaine de jours plus tard lors d’un conseil fédéral.
« Le Premier ministre Dominique de Villepin n’a pas le droit de rater » son coup pour son premier discours agricole au Space le 13 septembre, a averti Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, lors de sa conférence de presse de rentrée. S’il n’aime pas le mot « ultimatum », le président de la FNSEA met la pression sur le gouvernement. « Nous attendons beaucoup », résume-t-il. Un certain nombre d’attentes des agriculteurs doivent être entendues, explique le leader syndical. Dans le cas contraire, « nous prendrons nos responsabilités par rapport aux actions à mener », explique-t-il. Un conseil fédéral du syndicat est prévu à la fin septembre. Le gouvernement dispose donc de peu de jours pour convaincre sur le volet agricole.
Fermeté du gouvernement
La FNSEA attend du Premier ministre le 13 septembre, une « fermeté» sans faille sur les dossiers européens et internationaux. Au niveau de la PAC, « on ne laissera pas faire n’importe quoi», promet Jean-Michel Lemétayer alors que la présidence anglaise de l’UE a débuté le 1 er juillet.
Tony Blair, Premier ministre britannique, a en effet mené une guerre anti-PAC avant l’été. « Un budget moderne n’est pas celui qui, dans dix ans, consacrera 40% de ses dépenses à l’agriculture », avait déclaré le ministre anglais. Rappelons que les Vingt-cinq ne se sont pas mis d’accord sur les perspectives financières pour la période 2007-2001 lors du sommet européen du Bruxelles à la mi-juin. A propos du rendez-vous à haut risque de l’OMC en décembre à Hong-Kong, Jean-Michel Lemétayer explique que « l’agriculture n’est pas monnayable ».
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Baisser les charges
Au niveau national, dans un climat « lourd et pesant » pour les agriculteurs, le gouvernement doit prendre des mesures pour redonner le moral, explique Jean-Michel Lemétayer. Ce regain de confiance passe par la baisse des charges qui pèsent sur les exploitations agricoles. La FNSEA demande en premier lieu « une mesure supplémentaire pour prendre en charge le coût de l’énergie » face à la flambée des prix du pétrole. Les agriculteurs bénéficient déjà d’un remboursement partiel de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) sur le gazole. D’autre part, la FNSEA demande « le remboursement de la taxe sur le foncier non bâti » versée pour 2005. Cette mesure a déjà été prise suite à la grave sécheresse de 2003 explique le leader syndical. Cette taxe rapporte à l’état 700 millions d’euros par an.
La « débandade »
Quant à la crise que subit la filière laitière, l’ancien président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) ne peut que dénoncer cette « débandade» alors que chaque entreprise « fait ce qu’elle veut ». La situation n’est pas tenable, explique-t-il. Il plaide pour que les trois familles de l’interprofession (producteurs et transformateurs coopératifs et privés) arrêtent un « prix politique » pour les quelques mois qui viennent avant de reconstruire un nouvel accord sur le prix du lait. En ce qui concerne la crise viticole, là encore, Jean-Michel Lemétayer appelle la filière à prendre ses responsabilités. Il n’est pas concevable qu’« un bassin de production espère s’en sortir sur le dos d’un autre». Une rentrée qui s’annonce difficile. « Je pense que le Premier ministre mesure l’importance de son premier discours agricole», espère le président de la FNSEA.