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En Bretagne, la CR veut confirmer sa progression

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En Bretagne, la campagne pour les élections des chambres d’agriculture bat son plein. En 2013, la Coordination rurale avait vu son score fortement progresser dans une région toujours dominée par la FNSEA. Une dynamique que la CR souhaite renouveler à grands coups de campagnes publicitaires.

« Si ce n’est pas cette fois, cela sera la prochaine », répond Véronique Le Floch, secrétaire générale de la Coordination rurale et tête de liste pour les élections de la chambre d’agriculture du Finistère quand on lui demande de pronostiquer les résultats des élections des chambres d’agriculture qui se tiennent jusqu’au 31 janvier. En Bretagne, le syndicat est porté par une bonne dynamique et ambitionne « de prendre les quatre chambres en surfant sur la vague du dégagisme », assume Hervé Guillerm, président de la CR Bretagne, grâce « à une progression à deux chiffres ».

Lors des dernières élections, la Coordination rurale a atteint moins de 30 % au niveau régional contre 50 % pour le tandem FNSEA - Jeunes agriculteurs. Mais son résultat avait alors progressé de 13 points dans les Côtes-d’Armor, 11 dans le Finistère, 8 en Ille-et-Vilaine et 7 dans le Morbihan. Une dynamique opérée au détriment de la FNSEA et des JA qui ont vu leur score chuter d’une dizaine de points dans le Morbihan et dans le Finistère. De son côté, la Confédération paysanne, qui a subi un tassement progressif de ces résultats, a remporté autour de 22-23 % des suffrages.

Une FRSEA qui manque de combativité

« Les défis pour la Bretagne sont les mêmes qu’au niveau national », estime Véronique Le Floch. Elle met avant les enjeux autour de la transmission, de l’installation et de la surcharge de travail alors que « trois quarts des exploitations vont à l’agrandissement ».

« On est toujours sur les mêmes thèmes : le revenu, les charges et l’agribashing », indique, de son côté, Thierry Coué, président FRSEA Bretagne. « Notre travail doit continuer et s’amplifier », analyse-t-il dans un discours de prolongement de l’action du syndicat à la tête des chambres bretonnes « depuis 1946, la date de création de la FNSEA ! ».

Ses opposants reprochent au syndicat majoritaire un manque d’implication dans la campagne. « On se bat tous les jours sur le terrain. Ce n’est pas médiatisé mais nous sommes tous les jours dans les communes », rétorque Thierry Coué. Mais « ils n’ont pas encore donné leur programme, déplore Véronique Le Floch. Ils vont rester dans la continuité après trois mandats catastrophiques ».

L’enjeu de représentativité

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« Ce qui m’affole, c’est l’impression que la FDSEA est absente. Elle n’est pas combative, elle n’est pas mobilisée », regrette Jean-Marc Thomas, porte-parole de la Confédération paysanne bretonne. Même dans un contexte où la bataille se joue plus entre la FNSEA et la CR, il reste « optimiste ». « Nous savons que nous partons de loin mais que nos idées sont crédibles et qu’elles peuvent apporter des nouvelles réponses, rétorque-t-il. Pour moi, la Coordination rurale a atteint un maximum. Elle a fait une percée la dernière fois mais n’a pas assez travaillé pendant ses six ans. Et ce même si son budget communication est très important pour ses élections. » En effet, aujourd’hui, en Bretagne, il est difficile de passer à côté des campagnes de publicité que la Coordination rurale mène. Elle s’affiche sur des pages entières de Paysan Breton.

« Nous entendons partout que les agriculteurs sont d’accord avec nous. Il faut que cela se concrétise dans les faits », enjoint Véronique Le Floch.

Car « il y a un enjeu de représentativité qui va peser sur les choix de la profession », explique Thierry Coué. En effet, ce qui se joue lors de ses élections, ce n’est pas uniquement qui présidera les chambres. Il s’agit aussi d’asseoir sa victoire et sa représentativité au sein du monde agricole et envers les pouvoirs publics.

« Plus on aura de suffrages et plus nous aurons du poids dans les commissions départementales d’orientation agricole (CDOA), à la Safer et au sein des interprofessions », assure Jean-Marc Thomas.

Mais « pour l’instant, il faut que les gens aillent voter », résume le président de la FRSEA.

« Ce qui m’affole, c’est l’impression que la FDSEA est absente »

« Nous entendons partout que les agriculteurs sont d’accord avec nous »