Réunie en congrès le 10 mars, la fédération des ETA (travaux agricoles) a dénoncé des contraintes environnementales « de plus en plus fortes ». La FNEDT veut que les restrictions de taillage des haies soient assouplies par département. La nouvelle Pac 2023-2027 interdit cette pratique du 16 mars au 15 août (auparavant du 1er avril au 31 juillet). « On a des machines à amortir », a répondu le président de la FNEDT Gérard Napias. Et de glisser sous forme de boutade : « Que l’État achète le matériel et nous fasse travailler ». En tant qu’hôte de ce 89e congrès, le président de l’EDT Cantal Patrice Peyrissac a lui souligné des « problèmes d’équité ». Quand les agriculteurs se voient interdire le taillage des haies, les collectivités peuvent bénéficier de dérogations. C’est le Code de l’environnement qui prévoit la mesure, visant à préserver les nids, les habitats naturels. « Tels des cowboys, les agents de l’OFB nous verbalisent », se plaint Gérard Napias.
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Plus largement, les ETA signalent des problèmes d’équité sur le plan social, de la réglementation phytos, des aides aux investissements. Un guichet France 2030 « Équipements pour la troisième révolution agricole », doté de 400 M€, vient d’être ouvert. Problème, le plafond d’aides est de 200 000 € contre 500 000 € pour les Cuma. Et la liste de matériels éligibles est « très axée viticulture, arboriculture, environnement », selon la FNEDT. « On ne s’y reconnaît pas », déclare Patrice Peyrissac. Autre problème soulevé : la réglementation phytos impose d’être certifié pour l’application des produits. Mais les contrôles sont « ciblés » sur les ETA, pas les autres, dénonce la fédération. Et le dispositif TODE (travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi) d’allègement du coût du travail ne s’applique pas aux ETA. Résultat, il y a un écart « jusqu’à 2 €/h » favorable aux employeurs agricoles.