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En Loire-Atlantique, la Conf’ veut convaincre les nouveaux installés

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Tenue par la FNSEA depuis 2007, après avoir été pendant longtemps un bastion de la Confédération paysanne, la Loire-Atlantique sera un département témoin lors de la prochaine élection aux chambres d’agriculture. La Conf’ espère mobiliser une partie des nouveaux installés pour tenter de reprendre la chambre.

L’évolution du profil des agriculteurs installés permettra-t-elle à la Confédération paysanne de prendre sa revanche en Loire-Atlantique ? C’est ce qu’espère le syndicat à l’occasion de l’élection des chambres d’agriculture 2019 dont le scrutin prend fin le 31 janvier. Historiquement, le département est une terre d’affrontement entre Confédération paysanne et FNSEA, avec des scores resserrés entre les deux.

« En Loire-Atlantique, la Confédération paysanne est issue du rassemblement des travailleurs paysans [Ndlr : la CNSTP] et d’une FDSEA exclue de la FNSEA dans les années 70 », rappelle Dominique Deniaud, président de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, pour expliquer cette spécificité. Encore aujourd’hui, le sigle « FDSEA » est revendiqué par la Conf’ dans le département.

Le syndicat avait gouverné la chambre jusqu’en 2007, avant de perdre deux élections de suite. En 2013, il avait rassemblé 34,7 % des suffrages (45,6 % pour FNSEA/JA et 19,5 % pour la CR). Un score en amélioration par rapport au 32,8 % des voix obtenus en 2007 mais loin des 39 % en 2001 ou 42,7 % en 1995.

« On considère que c’est gagnable »

Pour la prochaine échéance, l’objectif est « d’abord de faire un score », explique Dominique Deniaud. Mais « au vu de la typologie des installations et des gens partis en retraite, on considère aujourd’hui que c’est gagnable », rajoute-il. « Sur les dix dernières années, un tiers des installations aidées dans la région sont des personnes non-issues du milieu agricole. La Loire-Atlantique est au-dessus de 40 %. On veut aller chercher cet électorat-là, qui arrive dans le métier avec moins de compétence technique mais la volonté de trouver un sens à ce qu’ils font », détaille-t-il.

Le syndicat compte mettre en avant la question de l’installation/transmission d’exploitation et de la gestion du foncier au niveau local dans sa campagne. Ce qui implique pour lui de remettre en partie en question la régionalisation des chambres et de « repasser sur un pilotage départemental pour être des interlocuteurs crédibles face aux élus » notamment sur la question de l’urbanisation des terres dans un département qui gagne 18 000 nouveaux habitants par an. La Conf’ s’était également montré très active sur le dossier Notre-Dame des Landes.

« Manque de respect du pluralisme syndical »

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Du côté de la FNSEA, on espère également améliorer son résultat. « On a l’ambition d’augmenter notre score, ce qui nous permettra d’asseoir notre légitimité face aux communautés de communes qui ne reconnaissent pas toujours le rôle que devrait avoir la chambre, notamment en donnant de l’importance à des associations qui ne représentent qu’elles-mêmes », estime Mickael Trichet, président de la FNSEA 44.

Dans son bilan à la tête de la chambre, le syndicat majoritaire veut promouvoir « le combat pour le revenu » comme un de ses thèmes forts, insistant notamment sur le succès dans le département de la démarche « éleveurs engagés » initiée par la Fédération nationale bovine (FNB, dépendant de la FNSEA).

« Nous sommes le département qui compte le plus grand nombre d’éleveurs dans la démarche », juge Mickael Trichet qui y voit un exemple « d'une vraie récupération de valeur ». Ce dernier évoque également un projet d’identifiant similaire au niveau local pour la restauration hors-domicile, garantissant aux collectivités la juste rémunération des producteurs.

Un sujet sur lequel se positionne également la Coordination rurale. En embuscade entre les deux challengers principaux, le syndicat part « dans l’optique d’augmenter son score » dans le département, prévient Catherine Laillé, présidente de la CR 44. En plus de vouloir « réorienter la production vers la consommation locale » via des contrats locaux, le syndicat insiste sur « la mise en place d’abattoirs de proximité » pour pallier le manque de structures dans le département. La CR veut également « offrir un journal gratuit aux agriculteurs ». « Aujourd’hui la chambre a un journal payant qui est un journal FNSEA/JA », constate Catherine Laillé qui dénonce de manière plus générale « le manque de respect du pluralisme syndical » depuis que la chambre est gouvernée par la FNSEA.

Une participation anticipée « autour de 50 % »

« Le danger qu’on ne maîtrise pas c’est l’abstentionnisme », reconnaît Mickael Trichet. Même constat pour Dominique Deniaud, qui estime que la régionalisation pourrait renforcer la désaffection pour le scrutin. La tendance de la participation étant à la baisse sur les dernières échéances (69 % en 2007, 59 % en 2013), il anticipe un taux « autour de 50 % » pour 2019. Un chiffre bas mais dont il considère que son syndicat pourrait paradoxalement profiter, s’il parvient à suffisamment mobiliser ses propres électeurs.   

Le syndicat majoritaire veut promouvoir « le combat pour le revenu »