À la tête de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture depuis 2010, Guy Vasseur quitte la présidence de l’organisme avant la fin de son mandat, comme il l’avait annoncé. Il souhaite laisser la place à une nouvelle équipe pour poursuivre le travail engagé. Quant à ses perspectives, il laisse planer le doute sur un éventuel avenir politique.
« Il reste tellement à faire », a affirmé Guy Vasseur, le 15 novembre à l’occasion de sa dernière rencontre avec la presse avant de quitter la présidence de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Son successeur sera élu le 23 novembre, à l’occasion de la prochaine session de l’APCA. Pour l’heure, seul Claude Cochonneau, soutenu par la FNSEA, est candidat.
Après près de sept ans à la tête de l’organisme consulaire, Guy Vasseur faisait le bilan – « même si le terme bilan me fait peur », déclarait-il – de l’action menée par l’APCA et, quasiment libéré de son rôle de représentant des chambres d’agriculture, il essaimait quelques informations sur ses opinions, et peut-être même ambitions, politiques personnelles.
Conforter le rôle des chambres
En sept ans, Guy Vasseur estime avoir respecté son engagement principal : celui de conforter le rôle des chambres d’agriculture dans la concertation nationale.
L’APCA a dû lutter contre ce que Guy Vasseur appelle le « hold-up » de l’État qui souhaitait ponctionner « 130 M€ » sur son budget. La coupe ayant finalement été limitée à 55 M€, grâce au « combat » mené par l’APCA « auprès du ministère de l’Agriculture, de Matignon et même de l’Elysée ». Dans le même temps, les chambres se voyaient confier de nouvelles missions : l’installation (avec la fusion chambres – Adasea), un rôle à jouer dans le développement des GIEE et la mise en œuvre de l’agroécologie et, plus récemment, le registre de l’agriculture, dont l'élaboration est encore en cours. « C’est une preuve de la confiance » accordée par les politiques à l’APCA, estime Guy Vasseur.
« Quelques regrets »
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Guy Vasseur concède avoir « quelques regrets ». La réforme « Terres d’avenir », lancée par son prédécesseur Luc Guyau, été avortée en tant que telle, mais l’APCA a tout de même su préparer la réforme territoriale de l’État avant même la mise en place des grandes régions, note Guy Vasseur.
Les autres motifs d’insatisfaction du président de l’APCA découlent de causes exogènes à l’organisme consulaire. Il cite notamment les désaccords entre Stéphane Le Foll et Ségolène Royal, au sujet du glyphosate ou de l’aéroport de Notre Dame des Landes par exemple. Stéphane Le Foll a été « désavoué », estime Guy Vasseur, car ni Manuel Valls ni François Hollande n’ont corrigé la ministre de l’Ecologie lorsqu’elle a fait des déclarations contraires aux leurs. « Je ne défends pas le ministre (de l’Agriculture, NDLR) », précise Guy Vasseur, qui tient cependant des propos indulgents à son égard. Il estime que le ministre a fait des erreurs de communication quant à la politique environnementale. « L’agroécologie n’est rien d’autre que de l’agronomie », explique-t-il. Et utiliser le terme « agronomie » aurait permis de ne pas braquer la profession agricole. « Je l’avais dit au ministre », précise Guy Vasseur, qui déplore ne pas avoir été entendu.
Un futur engagement politique ?
Après s’être exprimé au nom de l’APCA pendant sept ans, Guy Vasseur libère sa parole. « J’attends du (futur, NDLR) gouvernement qu’il tienne compte des réalités du terrain », explique-t-il. Un gouvernement « qui tienne compte des attentes réelles de la société, pas des attentes portées par certains groupuscules », précise-t-il visant les lobbies écologistes. Guy Vasseur ne retournera pas au syndicalisme pour défendre ses idées : il quittera d’ailleurs le métier d’agriculteur en décembre. Mais l’engagement politique pourrait bien le démanger, même s’il déclare ne pas avoir « de plans comme ça pour le moment ». Il avoue avoir « donné (son) point de vue » de façon informelle, non écrite, à Alain Juppé et François Fillon. Il concède également qu’il « aime bien Michel Barnier », et s’intéresse de près aux conditions dans lesquelles l’Angleterre sortira de l’Union européenne. « Ils vont négocier pour garder les avantages sans avoir les inconvénients », anticipe-t-il. S’il n’affiche clairement aucune ambition politique, il semble bien que Guy Vasseur n’est pas tout à fait prêt à se retirer de la vie publique.
« J’attends du gouvernement qu’il tienne compte des réalités du terrain »