Une enquête menée par la Fédération des vétérinaires européens (FVE) met en avant qu’en Union européenne, 77 % des porcs subissent une caudectomie en routine, malgré les restrictions en vigueur.
La Commission européenne organise les 27 et 28 novembre une réunion d’experts sur les progrès réalisés pour élever des porcs avec des queues intactes et ainsi améliorer leur bien-être. Ces échanges de vues entre représentants des éleveurs et de l’industrie, des autorités compétentes des États membres de l’UE, des organismes de recherche, des ONG et des institutions européennes auront lieu dans les locaux des services d’audit santé et alimentation de la Commission en Irlande et seront disponibles en webstreaming (1). Les participants prendront connaissance à cette occasion des travaux menés sur le sujet par le Centre de référence de l’UE pour le bien-être animal qui, créé en mars dernier, regroupe l’université de Wageningen (Pays-Bas), l’institut Friedrich Loeffler (Allemagne) et l’université d’Aarhus (Danemark).
Selon une enquête conduite par la Fédération des vétérinaires européens (FVE), l’association européenne de gestion de la santé porcine (EAPHM) et la Commission européenne, plus de trois porcs sur quatre (77 %) subissent une caudectomie (coupe de la queue) en routine en Europe, malgré les restrictions en vigueur. Seules la Finlande, la Norvège, la Suède et la Suisse se distinguent, avec un taux de 5 %, selon cette étude parue le 16 novembre. Il s’agit d’une « violation de la législation européenne », selon les auteurs de l’étude.
La caudophagie (morsure de la queue) est « un problème multifactoriel »
Effectivement, « la réglementation indique que la section partielle de la queue ne peut être pratiquée sur la base d’une routine, précise Valérie Courboulay, experte bien-être animal à l’Ifip. Mais sous réserve de l’observation de blessures persistantes malgré la mise en place de mesures permettant de les limiter ». Et cette technicienne de s’interroger : « Si on regarde attentivement, on trouvera régulièrement des signes de lésions aux queues de certains animaux dans la plupart des élevages. De plus, les éleveurs ont mis en place des pratiques, comme l’enrichissement du milieu, mais jusqu’où faut-il aller ? »
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Selon cette même enquête conduite dans 24 pays européens, 67 % des porcs bénéficient pourtant d’un environnement enrichi, ce qui limite le risque de caudophagie (morsure de queue). Valérie Courboulay rappelle que « la caudophagie (morsure de la queue) est un problème multifactoriel – elle peut être due à des problèmes sanitaires, ou bien d’alimentation, d’abreuvement, d’environnement climatique… Elle peut arriver de façon inopinée, et la technique la plus efficace pour l’endiguer reste la section partielle de la queue pratiquée au cours de la première semaine de vie ».
Et de prévenir : « La mesure qui consisterait à arrêter brutalement cette pratique dans les conditions actuelles d’élevage aurait des conséquences graves sur le bien-être des animaux – morsures, lésions, maladies… » Elle note que « les pays qui ont arrêté cette pratique, comme la Finlande, ont été amenés à attribuer des aides financières importantes aux éleveurs ».
67 % des porcs bénéficient d’un « environnement enrichi »