Il reste encore beaucoup à faire pour valoriser les marchés de la pomme de terre, non seulement à l’exportation, mais sur le marché intérieur même, ont indiqué plusieurs intervenants à une journée d’étude organisée par le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre, qui s’est tenue le 30 novembre à Paris.
Une fois de plus, malgré l’exiguïté de leur territoire, ce sont les Pays-Bas qui sont les premiers Européens de l’exportation de produits de la pomme de terre transformés, le second exportateur étant la Belgique. Allemagne et France se disputent 8% des exportations de ces produits (frites surgelées, chips, flocons), a expliqué Martine Schwartzmann, d’Ubifrance. Les exportations françaises privilégient les pays du Sud de l’Europe, mais le Bénélux a déjà pris les places sur les marchés des nouveaux pays membres. Le retard est flagrant certes, mais pas fatal : « Les producteurs français sont parfaitement adaptés à une culture pour la transformation : variétés adéquates, savoir-faire cultural, réseaux bien rôdés avec les industriels, avantage de la proximité ».
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Mais c’est sur le marché intérieur que le plus gros travail reste à faire. L’image des produits issus de la pomme de terre est négative dans le public, parce qu’ils sont énergétiques et réputés favoriser l’obésité. En outre, les campagnes de promotion de la pomme de terre sont trop timides par rapport à ce que font d’autres secteurs alimentaires, selon Christine Pollet, sociologue chez Inter-View. Certes, les professionnels ont communiqué sur les différentes variétés, mais ils devraient le faire maintenant sur le goût. Il faut montrer que la pomme de terre peut être légère, et pour cela diffuser l’information sur les différents modes de cuisson. De grands chefs savent cuisiner la pomme de terre sans la gorger de graisse (elle est d’abord cuite à l’eau). De même, les frites contenant peu d’huile « sont déjà une réalité technologique », a-t-elle cité à titre d’exemple.