La production d’endives en 2023-2024 est annoncée proche du faible niveau de la campagne précédente. La filière fait difficilement face au coût de l’énergie, sans grandes alternatives.
Selon la première estimation au 1er octobre effectuée par les services du ministère de l’agriculture (Agreste), la production d’endives à la consommation (issues du forçage) pour 2023-2024 atteindrait 126 000 tonnes, comparable à la faible récolte de l’année précédente, et en fort repli (-18 %) par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. La production de racines est, elle, estimée à 214 000 tonnes. Elle afficherait une hausse de 3 % par rapport à la campagne 2022, mais serait en forte baisse (-14 %) sur cinq ans. Cette différence s’explique par la densité de la racine, plus importante que celle de l’endive consommée. « Les semis de racines d’endives se sont déroulés suivant un calendrier perturbé par les conditions météorologiques, mais globalement dans de bonnes conditions en mai 2023 », souligne Agreste. Le développement végétatif a révélé une grande hétérogénéité dans les calibres des racines. Cependant, en septembre 2023, premier mois de la nouvelle campagne, les prix à la production sont élevés, supérieurs de 31 % à la moyenne 2018-2022.
L’énergie en partie intégrée par la GMS
La filière endivière française connaît depuis plusieurs années une situation difficile, en partie à cause de l’explosion des coûts énergétiques. « Au plus fort de la crise en 2022, nous avons atteint 340 €/kWh. L’énergie, représentant grosso modo 6 % des coûts de production, a bondi à 30 %. Les fortunes ont été diverses selon l’époque à laquelle le producteur a signé son contrat d’approvisionnement », explique Pierre Verlet, directeur de l’Association des producteurs d’endives de France (Apef) à Agra Presse. Les producteurs ne disposent pas de beaucoup de solutions, compte tenu du besoin énergétique des cellules de forçage, ni de visibilité sur 2024 sur la reconduite des contrats avec leurs énergéticiens : « Nous pouvons travailler sur une meilleure étanchéité des frigos ou sur le binôme température/CO2 dans les cellules en étant attentifs à éviter le réveil des chicons. Le photovoltaïque est une option envisagée mais demandant des investissements et des bâtiments neufs. » L’Apef attend donc un soutien des pouvoirs publics aussi bien en amont (prix de l’énergie) que pour les entreprises de la filière.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Seul point positif, une certaine compréhension des acheteurs : « Le coût de l’énergie a été intégré en grande partie dans les tarifs, entraînant un prix consommateur plus haut. Dans le contexte inflationniste actuel, c’est plutôt positif », note Pierre Verlet. Néanmoins, la filière encaisse le coup : environ dix producteurs de l’Apef (sur 300) ont arrêté leur activité cette année (retraite, charge mentale trop forte). Surtout, selon l’association, certains endiviers sont tentés de se tourner vers la pomme de terre.