Une flopée d’organisations écologistes, d’institutions internationales et d’hommes politiques ne cessent de faire le procès des biocarburants au prétexte qu’ils sont la cause principale de l’augmentation des prix alimentaires. La demande chinoise et indienne de matières premières, les dérèglements climatiques, la spéculation n’auraient qu’une responsabilité très faible dans l’inflation alimentaire mondiale. Soit.
Ces mêmes censeurs oublient pourtant que l’agriculture, c’est également de l’énergie. Sans énergie pour la traction mécanique, pour le transport des produits, pour l’obtention d’eau, et notamment dans les pays pauvres, il sera impossible de développer l’agriculture. Dans les pays riches, en France notamment, l’agriculture subit aujourd’hui l’impact d’un pétrole cher qui rejaillit sur les coûts de l’alimentation.
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Développer des sources alternatives d’énergie, c’est donc, à condition que la part des surfaces qui y sont consacrées reste maîtrisée, se donner un outil pour développer la production alimentaire. Faute de quoi, ni les pays développés ni les pays pauvres ne seront en mesure d’augmenter la production à des coûts raisonnables. Les écologistes admettent d’ailleurs que les biocarburants peuvent participer à l’autonomie énergétique des exploitations. Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier, s’y emploie lui-même, pour la France et l’Europe. On peut évidemment rêver d’une source alternative aux biocarburants pour faire marcher
les automobiles, tracteurs et moiss’batt. Mais il n’y en a guère encore. L’énergie solaire est peu adaptée, l’électricité d’origine nucléaire n’est pas renouvelable et la pile à hydrogène n’est pas encore au point. Et on n’a pas encore beaucoup vu d’éoliennes sur un tracteur.