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Libre-échange Engagements habituels du G7, commentaires de Pascal Lamy

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Les leaders du G7 ont, dans les termes habituels, réaffirmé leur engagement dans la lutte contre le protectionnisme et leur souhait de boucler dès que possible les pourparlers commerciaux bilatéraux ou régionaux en cours. Selon Pascal Lamy, ex-directeur général de l'OMC, c'est un accord de libre-échange « à l'ancienne » que négocient actuellement douze pays de la zone du Pacifique, tandis que le projet de partenariat en discussion entre l'UE et les États-Unis est beaucoup plus porteur car il vise en premier lieu l'harmonisation des réglementations.

«Nous réaffirmons notre engagement à maintenir nos marchés ouverts et à lutter contre toutes les formes de protectionnisme », ont déclaré les chefs d'État et de gouvernement du G7, réunis les 4 et 5 juin à Bruxelles. « Nous avons fait des progrès substantiels dans les négociations commerciales majeures : Canada-UE ; Japon-UE ; Canada-Japon ; UE-États-Unis ; Partenariat transpacifique », et « notre objectif est de les finaliser le plus tôt possible ».

Le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni, les États-Unis, ainsi que les présidents du Conseil européen et de la Commission de Bruxelles, ont également apporté leur « plein soutien aux efforts de l'OMC pour parvenir à un accord rapide sur un programme de travail équilibré pour compléter le cycle de Doha ».

Partenariat transpacifique : un projet d'accord « à l'ancienne »

Le Partenariat transpacifique en cours de négociation entre douze pays, dont les États-Unis, le Japon, l'Australie et le Canada, est « un bon accord », mais « c'est le dernier des gros accords commerciaux à l'ancienne », car il vise essentiellement la libéralisation des droits de douane, estime Pascal Lamy dans un entretien accordé le 28 mai au média australien The Age. Ces pourparlers sont bloqués à cause de différends entre Washington et Tokyo portant notamment sur les tarifs aux frontières japonaises dans le domaine agricole.

Commentaire de l'ex-directeur général de l'OMC : « Il s'agit de porc, de bœuf et de riz, qui ne sont pas exactement des thèmes d'ouverture commerciale du XXIe siècle ».

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L'harmonisation réglementaire fait la différence

Les droits de douane sont comme les étoiles mortes depuis plusieurs milliers d'années et « dont vous voyez encore la lumière », explique Pascal Lamy. « C'est ce que sont les droits de douane, ils sont morts ».

L'ancien commissaire européen au commerce est beaucoup plus positif sur le projet de Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, qui prévoit des réductions douanières, mais dont l'un des objectifs les plus ambitieux est l'harmonisation réglementaire des deux parties pour les biens et services (1).

Selon lui, un accord sur des normes communes ferait une « énorme différence » pour les échanges car les entreprises mondiales pourraient « vraiment tirer avantage des économies d'échelle ». (FXS)

(1) Voir n° 3450 du 02/06/14