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Engrais azotés : comment Sentinel 2 bouleverse les OAD

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Dans une étude parue dans la dernière édition de la revue Économie rurale, deux chercheurs de l’Inrae soulignent le « tournant majeur » pour le pilotage de la fertilisation azotée qu’a constitué en 2017 le lancement des satellites Sentinel 2 par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne. Dans un double mouvement, cette flotte a bouleversé la concurrence et les technologies utilisées.

En permettant l’accès à des images satellites gratuites tous les cinq jours, Sentinel 2 a permis, d’une part, le développement de nouveaux outils d’aide à la décision (OAD), venus concurrencer l’acteur majeur du secteur, Farmstar (Airbus/Arvalis), démarré en 2001. Ainsi, durant les cinq ans qui ont suivi, les chercheurs ont recensé huit lancements de services de pilotage de l’engrais azoté par satellite, en provenance de machinistes, d’entreprises du secteur des intrants ou de start-up. Et, entre 2016 et 2020, les surfaces couvertes par Farmstar ont reculé de près de 200 000 ha, à 600 000 ha.

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D’autre part, en quelques années, le satellite a complètement remplacé le drone, « disqualifié » par ses coûts d’acquisition d’images trop élevé. Acteur emblématique du pilotage par drone, Airinov avait ainsi cessé son activité deux ans après le démarrage de Sentinel 2. De même, les chambres d’agriculture « qui proposaient une solution d’OADn par drone en collaboration avec cette start-up voient leur solution disparaître, retracent les auteurs. Elles la remplacent rapidement en développant en interne un nouvel OADn à partir du traitement des images satellites de Sentinel 2 ».

Il faut ajouter aux programmes publics Sentinel 2 le développement de flottes privées de nano-satellites, qui a considérablement diversifié l’offre d’images satellites, et contribué à améliorer sa compétitivité.

Les satellites ont bouleversé la concurrence et « disqualifié » les drones