Dans sa lettre hebdomadaire du 3 octobre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) signale une hausse des prix des engrais azotés payés par les céréaliers français comprise entre 10 % et 19 % entre avril-août 2024 et 2025, période concentrant 75 % de leurs achats. Cette estimation est issue d’une enquête du syndicat réalisée auprès des producteurs entre juin et septembre dernier, faisant suite à l’instauration de droits de douane sur les produits russes, appliqués depuis le 1er juillet par l’UE. Plus en détail, les prix des ammonitrates ont grimpé de 10 % sur la période, de 14 % pour l’urée et de 19 % pour les solutions azotées. « Cette évolution se traduira nécessairement par impact significatif sur les résultats 2026. Pour l’AGPB, ces résultats confirment la légitimité à poursuivre notre mobilisation tant en France qu’à Bruxelles », afin que les producteurs bénéficient de prix d’intrants attractifs, explique l’organisation.
L’enquête de l’AGPB vient corroborer la situation complexe des céréaliers français, pris en étau entre la hausse des coûts des produits fertilisants, et la dégringolade des cours du blé. Les intrants représentent plus de 30 % des charges à l’hectare, « dont 16 % pour les seuls engrais et amendements » en moyenne sur la période 2019-2023, d’après les données du réseau d’information comptable agricole (Rica), précise la lettre. Le syndicat rappelle sa demande de lever les taxes sur les origines hors-UE. Il avait par ailleurs proposé une série de mesures en septembre, notamment le blocage ou le report de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), dont l’instauration est attendue pour janvier 2026. « Nous ne savons pas encore comment cette taxe sera calculée, et les fournisseurs nous annoncent déjà qu’ils vont prendre une marge pour se couvrir », indiquait Éric Thirouin, le président.
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La hausse des engrais pénalisera les résultats des céréaliers en 2026.
KC