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Engrais : Copa-Cogeca et ministres de l’Agriculture veulent des mesures contre l’envolée des prix

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Face à la flambée des prix des engrais liée à la guerre en Ukraine, le Copa-Cogeca a de nouveau appelé la Commission européenne à suspendre toutes les taxes imposées sur les importations d’engrais (droits antidumping et droits d’importation). Plusieurs ministres de l’Agriculture ont aussi demandé la mise en place d’une dérogation temporaire sur les droits à l’importation (taxe ad valorem).

« Quand on voit que les prix des engrais augmentent de 250 % en un an en raison de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine, il serait temps maintenant d’agir et de supprimer les taxes qui affectent les importations d’engrais », a déclaré la présidente du Copa-Cogeca, Christiane Lambert lors d’une réunion informelle en marge du Conseil agricole du 7 avril, avec le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie. Avant de préciser que « la Commission européenne a été saisie dès avril 2021 et étudie sérieusement le dossier depuis décembre 2021, c’est donc l’heure de la décision sur ce sujet. C’est indispensable et ça donnerait une bouffée d’oxygène ».

Lire aussi : « Engrais : le Copa-Cogeca lance une offensive contre les droits antidumping européens »

Stopper la hausse des prix et éviter une pénurie

Dans un article d’opinion publié le même jour, Tim Cullinan, premier vice-président du Copa, explique que « la Commission européenne n’a pas réussi à s’attaquer à la flambée des prix des engrais dans l’UE et au risque de pénurie, qui concerne essentiellement l’urée, les solutions azotées, les phosphates et la potasse (le prix de la solution azotée étant supérieur de 370 % à son niveau de janvier 2021) ». Le marché européen de l’azote, poursuit-il, « est protégé par des droits d’importation de 6,5 % (taxe ad valorem appliquée sur le montant et non sur les quantités), aggravés par des taxes antidumping spécifiques imposées sur la solution azotée provenant de deux des principaux exportateurs mondiaux, Trinidad-et-Tobago et les États-Unis ». En conséquence, « les fournisseurs sont clairement incités à approvisionner d’autres marchés plutôt que l’Europe. Pour éviter les pénuries, l’UE doit de toute urgence suspendre les droits d’importation et les droits antidumping sur l’urée et les solutions azotées », prévient-il.

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La Commission européenne avait, en novembre, ouvert une enquête pour déterminer l’impact de ces droits antidumping. Pour l’heure, elle n’a toujours pas apporté d’éléments de calendrier ni publié de conclusions.

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Un enjeu qui est aussi très pris au sérieux par plusieurs États membres qui ont, lors du Conseil agricole du 7 avril, de nouveau demandé à Bruxelles d’activer une dérogation temporaire sur les taxes à l’importation (taxe ad valorem) pour les engrais. La Slovaquie, la Lettonie et l’Estonie ont notamment appelé l’exécutif européen à identifier des ressources financières supplémentaires afin d’aider les agriculteurs à faire face à la forte hausse des prix des engrais liés à celle de l’énergie. Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a assuré en conférence de presse, qu’il allait « étudier sérieusement cette question ».

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