Des déficits prolongés d’approvisionnement en engrais auraient « des effets négatifs durables sur le secteur de l’agriculture », selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans une étude publiée le 24 avril, l’organisation avertit des conséquences de possibles pénuries d’engrais sur l’agriculture mondiale. Un scénario d’une diminution de 20 % des apports en engrais sur l’année 2025 entraînerait une augmentation de 6 % des prix alimentaires mondiaux entre 2025 et 2028. Une telle situation constituerait « une menace à long terme » pour l’agriculture, indique l’OCDE. Ce cas pourrait être observé lors d’une augmentation mondiale de 20 % des coûts de production d’engrais. Cette hypothèse d’une pénurie mondiale d’engrais de 20 % a été choisie pour « obtenir un choc des prix similaire à celui observé en 2022 », explique l’OCDE. En avril 2022, l’indice de prix des engrais avait atteint une valeur record, avec une multiplication par quatre par rapport à janvier 2020.
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Une envolée qui était liée à une « convergence de facteurs perturbateurs », indique l’OCDE. La forte demande après la pandémie de COVID-19 avait provoqué une hausse des prix de l’énergie et du transport, affectant la chaîne d’approvisionnement. Les producteurs russes, jouant un rôle majeur dans l’exportation d’engrais, avaient été sanctionnés en raison de la guerre en Ukraine. Et des restrictions à l’exportation d’engrais par la Chine avaient accentué ces pénuries. L’OCDE, par la modélisation d’un scénario de perturbation similaire, a observé une « cascade d’effets » retombant sur le secteur agricole. La pénurie prolongée d’engrais entraîne une réduction du rendement agricole mondial, aboutissant à un déficit de production qui, au final, fait grimper le prix des denrées alimentaires. Pour l’OCDE, il est donc crucial de « comprendre et gérer la durée de ces restrictions » pour « maintenir un écosystème agricole résilient et durable ».