Dans une note publiée le 16 janvier, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) se prononce en faveur du dispositif MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), le jugeant nécessaire pour préserver la souveraineté alimentaire française et réduire son empreinte carbone. Il reconnaît néanmoins que le dispositif provoquerait un renchérissement du coût des engrais pour les importateurs et donc par ricochet pour les agriculteurs, et spécialement pour les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux. Le think tank rappelle que l’Hexagone est très dépendant des importations, constituant le principal importateur européen d’engrais azotés en 2024, en provenance d’Égypte, d’Algérie, des États-Unis, de Russie, et de Trinité et Tobago. Cependant, « cette hausse des charges n’est pas une fatalité. Loin d’être une tâche facile, les agriculteurs peuvent réduire leur utilisation d’engrais azotés de synthèse », indique l’I4CE.
L'institut propose donc le relèvement des soutiens publics destinés à inciter les agriculteurs à agir en ce sens, tels que la rotation accrue des cultures et l’utilisation de légumineuses. L’I4CE pointe le désengagement partiel de l’État dans ces domaines, qui promettait pourtant, dans le cadre du soutien à la structuration de filières de protéines végétales, une aide de 100 M€, plus 65 M€ de crédits de paiement. « Seuls 14 M€ ont été effectivement dépensés en 2024, et aucun crédit n’y a été explicitement affecté pour 2025, ni pour 2026 dans la copie initiale du gouvernement », déplore le think tank. Il recommande que les 40 M€ récemment promis à la filière céréalière et oléoprotéagineuse soient réorientés vers le soutien au développement de systèmes de production à bas intrants. Enfin, l’institut préconise une aide publique immédiate à la « méthode Grandes cultures du Label bas carbone », menacée par « un manque de financements privés ».
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Réorienter les aides publiques vers des systèmes de production à bas intrants
KC