Les distributeurs, FNA (négoce agricole) et La Coopération agricole Métiers du grain, signalent des inégalités en Europe concernant les sanctions prises contre la Russie dans le secteur des engrais, les achats auprès d’EuroChem étant « interdits » pour les distributeurs français contrairement à d’autres. « On nous interdit d’acheter les engrais d’EuroChem », affirment-ils, chiffrant à 800 000 t/an l’approvisionnement habituel de ce fournisseur. Détenu par l’oligarque russe Andrey Melnichenko, EuroChem avait vu en mars son offre de rachat de Borealis recalée au motif des sanctions européennes après l’invasion de l’Ukraine. « C’est le troisième fournisseur du marché français », avec des volumes équivalant aux besoins d’engrais azotés de 1 Mha de blé sur quelque 5 Mha, insistent les distributeurs. EuroChem possède une usine à Anvers (Belgique), où des distributeurs européens continuent de s’approvisionner, selon la source. « Le gouvernement belge autorise les achats auprès d’EuroChem », confirme à Agra Presse Steven Moerman, vice-président d’Ungren (grossistes). « D’après lui, l’entreprise n’a plus de liens avec les Russes. »
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EuroChem se plaignait, fin juillet dans un communiqué, que « des obstacles importants aux affaires subsistent dans certaines régions, notamment l’Union européenne, où la production d’engrais est réduite et où les autorités locales font peu pour assouplir les restrictions artificielles et auto-imposées, en contradiction avec les objectifs déclarés de sécurité alimentaire ». Reste qu’aux yeux du ministère français de l’Economie, le groupe d’engrais est « lié à un homme d’affaires influent ayant une activité dans des secteurs économiques qui constituent une source substantielle de revenus pour le gouvernement de la Fédération de Russie », d’après le registre de la DG du Trésor sur le gel d’avoirs.