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FRAUDE/VIANDE Enquête prélimionaire contre Cooperl qui plaide sa bonne foi

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Cooperl Arc Atlantique fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire pour soupçon de fraude à la viande contaminée aux salmonelles. Le leader de la viande porcine en France plaide une erreur d'appréciation des textes en vigueur.

Le groupe leader de la production porcine en France, Cooperl Arc Atlantique (2,08 milliards €, 4 800 salariés) fait l'objet d'une enquête préliminaire diligentée par le parquet de Saint-Brieuc, en raison de soupçons de fraude à la viande contaminée aux salmonelles, selon une information parue dans le Télégramme de Brest, samedi 15 février. Trois cadres du groupe ont été placés en garde à vue dans le cadre de cette enquête puis relâchés le 12 février, de source AFP. Le parquet de Saint-Brieuc se refusait à tout commentaire, mardi 18 février. Cooperl Arc Atlantique est soupçonné d'avoir commercialisé comme indemne aux salmonelles quelque 1500t de viande séparée mécaniquement contaminée, entre 2010 et 2012, en Russie et en France. Selon le Télégramme, l'escroquerie se situe dans le fait que la VSM contaminée a été commercialisée, sans informer l'industriel acheteur. Habituellement, cette viande peut être vendue à un industriel qui aura à la traiter par la cuisson. Moyennant une décote « 2,5 à 3 fois sa valeur initiale », selon le Télégramme. Le journal évoque une escroquerie à 1 million €. Une information non démentie par le parquet, précise l'AFP.

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COOPERL CONTESTE CES ALLÉGATIONS

Dans un communiqué, le groupe coopératif « conteste formellement les allégations (du) Télégramme », selon lesquelles il aurait agi frauduleusement et en toute connaissance de cause. Au contraire, il plaide « une probable mauvaise interprétation de notre part de la réglementation en vigueur », dit-il. L'affaire démarre par une perquisition dans ses locaux, en novembre 2012. « Immédiatement après (ce) contrôle (...), poursuit Cooperl Arc Atlantique, nous avons amélioré nos protocoles d'analyse sur la salmonelle (...). Nous travaillons de manière transparente avec les autorités sanitaires, en particulier avec la DDPP22 (Direction Départementale de la Protection des Populations des Côtes d'Armor), avec qui nous sommes en contact quotidiennement et qui est parfaitement informée de nos procédures d'hygiène et de qualité. » Le groupe porcin précise que sa « préoccupation absolue » d'industriel « a toujours été et restera la qualité de (ses) produit, la sécurité sanitaire de (sa) filière parfaitement tracée et la protection de la santé du consommateur ». Cooperl Arc Atlantique précise se placer dans un processus d'amélioration constante de sa qualité, y compris au niveau de ses « protocoles d'analyse », plus exigeants que les protocoles réglementaires, souligne-t-il. Il précise que ses contrôles de présence de salmonelle sont effectués tous les jours, alors que la réglementation ne l'exige qu'une fois par semaine, « et sur des échantillons plus nombreux qu'exigés par la loi. » Il reconnaît juste une interprétation différente de la réglementation. Mais celle-ci peut s'expliquer par le fait, souligne Coo-perl Arc Atlantique, que cette réglementation « a fait l'objet de plusieurs notes de service de la Direction Générale de l'Alimentation du ministère de l'Agriculture au cours des dernières années visant à clarifier et préciser les modalités de mise en œuvre des règles européennes. » L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).