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Enseignement agricole : davantage d’élèves, tensions sur les moyens

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D’un côté, le Snetap-FSU dénonce une rentrée avec « des bouts de ficelles ». De l’autre, le ministère souligne l’« attractivité » de l’enseignement agricole, qui progresse en nombre d’élèves.

Un nombre d’élèves « en hausse » dans l’enseignement agricole, en baisse au sein de l’Education nationale : la rentrée scolaire semble réussie, aux yeux du ministère de l’Agriculture. Le point de vue est bien différent chez les personnels, à en croire leur principal syndicat. « Encore une rentrée scolaire avec des bouts de ficelles », a dénoncé le 6 septembre le Snetap-FSU (syndicat de l’Enseignement technique agricole public). Manque de moyens pédagogiques, faible attractivité des métiers : la situation de l’enseignement agricole lui paraît bien sombre. Cette rentrée 2023 est « sous le signe d’une grande incertitude », a déclaré le co-secrétaire général Frédéric Chassagnette, « toujours à la recherche d’une politique publique assumée, volontariste et financée ». « Face à de grands défis sociétaux, l’enseignement agricole doit servir de levier pour relever deux enjeux : réussir la transition écologique, profiter du renouvellement des générations en agriculture », considère le syndicat. « On aura du mal à atteindre ces objectifs », a estimé Frédéric Chassagnette, déplorant un budget « à l’équilibre ». D’après lui, le ministère se prévaut d’avoir réussi à redéployer huit classes dans le public. « Ça n’est pas beaucoup », a commenté le syndicaliste. D’autant que, d’après lui, quelques classes pourraient avoir des difficultés à être maintenues à l’ouverture cette rentrée.

Difficultés dans l’Enseignement supérieur

« L’enseignement supérieur pâtit du même manque d’ambition », a déploré le secrétaire général adjoint Olivier Gautié. Un établissement multi-écoles, l’Institut Agro (Rennes-Angers, Dijon, Montpellier), a été créé sans le travail préalable et les moyens nécessaires pour une équité de traitement entre les personnels, d’après lui. Résultat, « de nombreux problèmes de gouvernance » apparaissent. AgroParisTech, installé sur un nouveau site, connaît des dysfonctionnements liés à « un financement mal ficelé ».

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Côté ministère, on souligne l’« attractivité » de l’enseignement agricole, ses effectifs étant « en hausse » avec 43 000 apprentis du CAP au BTSA et 16 400 étudiants et apprentis pour les métiers d’ingénieur agronome, vétérinaire ou paysagiste-concepteur, qui compensent un léger recul des 154 000 élèves de la 4e au BTSA. Parmi les nouveautés 2023, le parcours est simplifié pour les étudiants ou apprentis en BTSA souhaitant devenir ingénieur ou vétérinaire, avec la suppression de la classe préparatoire ATS-bio. Cette rentrée sonne la mise en œuvre du Pacte enseignant, prévoyant une rémunération supérieure à 2 000 € nets/mois pour tous les professeurs titulaires en début de carrière, une revalorisation pour les contractuels.

Le Snetap-FSU dénonce un manque de moyens pédagogiques