Les gendarmes de la concurrence marchaient littéralement sur des œufs lors de l’annonce de leur décision de sanctionner et mettre à l’amende des producteurs d’endives pour entente illicite sur les prix. Ils savaient pertinemment que leur décision serait difficile à admettre au moment où les pouvoirs publics incitent les producteurs agricoles à s’unir. Aussi, l’Autorité de concurrence a voulu d’emblée balayer d’éventuelles critiques, reconnaissant que les producteurs sont en droit de « renforcer leur pouvoir de négociation face aux acteurs de la grande distribution » et se dit même prête à les accompagner. Toutefois, elle estime que certaines lignes ne doivent pas être dépassées. Elle justifie ainsi pleinement sa condamnation par la mise en lumière de dérives et pratiques contestables, sur une période assez longue. Sa décision est uniquement motivée par l’application du droit, argue-t-elle et fait preuve de clémence dans l’amende infligée, le consommateur ayant in fine été assez peu lésé. En effet, « la grande distribution, qui est le principal client des producteurs d'endives, bénéficie face à eux d'une puissance d'achat telle qu'elle a pu exercer une pression à la baisse sur les prix pendant toute la durée des pratiques ». Une phrase qui ne manque pas de sel et interpellera les industries agroalimentaires , constituées principalement de TPE et PME, qui viennent de conclure les négociations sur la fixation de leurs produits transformés et ont du passer sous les fourches caudines de plus puissants qu’elles. Sans oublier que ces ententes de producteurs sont loin de certaines pratiques mafieuses autrement plus graves, que Bruxelles voudrait combattre, mais sont parfaitement impunies.
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