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ENTENTE/VOLAILLE Entente dans la volaille : les industriels réagissent, mais ne font pas appel

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Suite à la condamnation de 21 entreprises et deux fédérations du secteur de la volaille à une amende de 15,2 millions d'euros, les réactions ne se sont pas faites attendre. Mais personne n'a annoncé vouloir faire appel. Ce qui semble logique, compte tenu de la faiblesse de l'amende par rapport à celle dont viennent d'écoper les industriels du yaourt.

Plusieurs parties prenantes du secteur de la volaille ont fait part de leur mécontentement suite à l'amende annoncée par l'Autorité de la concurrence le 6 mai. Pour autant, personne n'a annoncé faire appel immédiatement, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'affaires. Rappelons que le montant de l'amende (15,2 millions d'euros au total) a été revu à la baisse pour tenir compte des difficultés de la filière et de son engagement à se doter d'une interprofession dans les 18 mois. A titre de comparaison, les industriels du yaourt, beaucoup moins nombreux à avoir été condamnés, ont écopé d'une amende totale proche de 200 millions d'euros. Mais, même amoindrie, l'amende semble encore trop lourde pour l'industrie de la volaille. « Cette condamnation est ressentie comme une sanction économique significative pour les entreprises de la filière alors que la FIA appelait de ses vœux une condamnation symbolique pour l'industrie », a ainsi réagi la Fédération des industries avicoles le 6 mai, tout en redoutant de « nouvelles disparitions d'entreprises ».

UNE SANCTION DISPROPORTIONNÉE SELON LES INDUSTRIELS

« LDC regrette le montant des sanctions qui lui ont été appliquées et qui apparaissent disproportionnées à la gravité des faits », a pour sa part réagi le premier groupe volailler français le 6 mai. « Le groupe considère par ailleurs, que cette sanction tient insuffisamment compte des engagements pro-concurrentiels pris par le Groupe et les industriels du secteur portant en particulier sur la création, d'ici à fin 2017, d'une interprofession », poursuit-il. Duc, en pleine négociation de son plan de sauvetage, a également réagi, soulignant que l'amende aurait un impact sur les résultats 2015 de la société mais ne remettait pas en cause les annonces récentes sur son plan de restructuration (voir Agra Alimentation du 16 avril 2015). Plus généralement, Duc « regrette la sanction infligée à la profession alors que le secteur avicole français est toujours en grande difficulté ».

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LA FNSEA PLUTÔT GUILLERETTE

Seule la FNSEA a exprimé une certaine satisfaction. « Aujourd'hui, l'Autorité de la concurrence fait preuve de discernement et de pragmatisme en réduisant fortement le montant de l'amende ; elle nous accorde – enfin – les circonstances atténuantes ! », a réagi le syndicat agricole, usant d'un ton relativement inhabituel. S'il réclame le soutien des pouvoirs publics, son commentaire sur l'amende relève presque d'une certaine désinvolture : « Certes, une amende reste une amende, toujours trop élevée surtout quand il s'agit d'une filière vulnérable et en pleine reconstruction. Mais raison de plus pour tourner la page, et vite, afin de nous concentrer sur l'essentiel : reconquérir le marché français, diversifier nos produits (…), moderniser les élevages et les outils industriels… ». À bon entendeur… 

BRUNO LASSERRE SE JUSTIFIE DEVANT L'ASSEMBLÉE NATIONALE

« Il n'y a pas deux poids deux mesu-res. (...) Nous n'avons pas d'adver-saires, ni de favoris, nous entendons tenir la balance égale pour tout le monde », a déclaré Bruno Lasserre, président de l'Autorité de la concurrence devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale le 6 mai. Justifiant les amendes dissuasives prononcées en cas d'entente secrète, il a ajouté que « cela n'interdit pas un examen au cas par cas et de faire preuve de pragmatisme ». Face au pouvoir concentré entre les mains d'une poignée de distributeurs, une situation jugée préoccupante par le gendarme de la concurrence, « l'entente secrète et illégale n'est pas pour autant la bonne réponse, a estimé Bruno Lasserre. La bonne réponse, c'est le regroupement à la loyale par une plus grande consolidation, ou bien des interprofessions » pour peser davantage dans les négociations. (d'après AFP)