Baisse des surfaces et surtout impact de la sécheresse et des canicules : la vendange plonge encore cette année, à un niveau historiquement bas. De fortes disparités apparaissent selon les régions.
La production viticole s’élèverait à moins de 34 Mhl, en baisse de 6 % par rapport à la petite récolte 2025, a indiqué le 7 septembre le service statistique du ministère de l’Agriculture, évoquant l’« une des plus faibles récoltes des trente dernières années ». Cette baisse, de 17 % par rapport à 2021-2025, s’explique par le recul des surfaces et par des rendements pénalisés par la météo, notamment la sécheresse et les canicules. Les surfaces en production sont estimées en retrait de 2,5 % sur un an, sous l’effet d’un plan gouvernemental de soutien à l’arrachage de vignes.
À ce repli s’ajoutent « les effets d’un été particulièrement chaud et sec » : la sécheresse des sols s’est intensifiée sur l’ensemble du territoire et les canicules ont entraîné localement échaudages, brûlures, défoliations et flétrissements des raisins, réduisant les volumes récoltés. L’impact météo a été tel que le ministère avait dû renoncer à publier début août ses traditionnelles premières prévisions. Ni les bonnes conditions de début de campagne – bonne recharge printanière en eau des sols, faible pression des maladies – ni les précipitations tardives avant la vendange, n’ont empêché ce bilan global. Les chiffres montrent cependant de forts contrastes entre régions.
Moitié moins de champagne
Au plus mal, la Champagne voit sa récolte amputée de moitié par rapport à l’an dernier et à la moyenne quinquennale. Le poids des grappes y atteint son plus bas niveau depuis vingt ans, souligne le ministère. Le bassin Bourgogne-Beaujolais affiche -33 % en comparaison de 2025 et 2021-2025, avec plus de 50 % de pertes pour le pinot noir bourguignon. En Val de Loire, la production est estimée à -12 % par rapport à 2025 et -18 % par rapport à la moyenne quinquennale, les jeunes vignes, notamment en Loire-Atlantique, ayant particulièrement souffert.
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Dans le Sud-Ouest, aussi en retrait (-2 % et -12 %), la vendange s’annonce toutefois « normale pour certains départements comme le Lot et Garonne », grâce à des pluies tardives. Coté Sud-Est, elle est attendue proche de 2025 (+ 2 %), sous la moyenne quinquennale (-8 %). Si, dans le Bordelais et en Languedoc-Roussillon, la production augmente nettement sur un an (respectivement + 10 % et + 5 %), son niveau reste faible comparée à la moyenne quinquennale (-11 % et -8 %), avec des surfaces réduites par l’arrachage de vignes (-5 % et -3 % sur l’année). Un bémol en Languedoc-Roussillon : « Cette hausse masque de fortes disparités locales, selon le recours des exploitations à l’irrigation, avec un vignoble très touché par la sécheresse dans le Roussillon. »
JCD