Difficile pour la Commission européenne de trouver le juste milieu entre le libre-échange, qu’elle s’efforce de négocier avec nombre de pays tiers, et la crise agricole, qu’elle tente de juguler sans pour autant remettre en cause l’orientation libérale de la Pac. Le cas du Mercosur est symptomatique à cet égard, comme n’ont pas manqué de le souligner neuf États membres lors de la dernière réunion des experts commerciaux des Vingt-huit. La France, particulièrement remontée, a même tenu à revenir à la charge dans une autre enceinte, le Comité spécial agricole. Elle demande à la Commission de ne faire, à ce stade, aucune proposition de contingents d’importation pour les produits sensibles – viande et fruits et légumes notamment, secteurs aujourd’hui en souffrance dans l’UE – lors de l’échange des offres d’accès au marché prévu prochainement entre l’Union et le très compétitif bloc sud-américain. Le traitement de ces produits est impossible sans une analyse préalable de l’impact cumulé des concessions octroyées dans le cadre des accords bilatéraux conclus ou en cours de discussion, affirme entre autres la France. Elle enfonce même le clou en avertissant qu’une offre portant également sur les produits sensibles « serait susceptible d’être perçue comme une provocation par le secteur agricole européen et risquerait d’avoir un effet en chaîne sur l’ensemble des négociations commerciales en cours, au premier chef la négociation avec les États-Unis ». Mais la Commission est difficile à convaincre, et compte bien présenter au Mercosur une offre « conséquente ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.