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Cuniculture Entre production et exportation, une filière lapin en demi-teinte

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Une production et une consommation en baisse pour une balance commerciale excédentaire, le marché du lapin présente de sérieux contrastes et ce depuis plusieurs années.

Consommation et production en baisse depuis plus de dix ans mais exportations multipliées par deux, la filière lapin joue les contrastes depuis plusieurs années. Agreste a sorti un bilan de la filière en décembre. Entre 1996 et 2009, les effectifs de lapines reproductrices ont baissé en continu (-32%), accompagné par une division par 2 du nombre d’éleveurs (10 000 en 2000 et 5 000 en 2007). Le repli des abattages atteint 23% durant cette même période, même si un sursaut s’est fait sentir en 2007 du fait de la grippe aviaire et de la réorientation vers cette viande des consommateurs de volaille. La consommation, calculée par bilan, chute de 40% depuis 1998. « L’image du lapin comme animal de compagnie serait en partie responsable de la désaffection des consommateurs, de même que parfois son image d’animal “médicamenté” », relève l’étude. Le taux de pénétration du marché de cette viande est inférieur à 10%, selon le Kantar world panel, « à peine supérieur à la viande de cheval ». Malgré ces chiffres très pessimistes, la filière affiche un solde du commerce extérieur de viandes et préparation de lapins positif depuis 2002.

Une balance commerciale excédentaire depuis 2002

« Après avoir oscillé entre 1997 et 2007, les exportations ont bondi en 2008/2009 » (+83% en 2009 par rapport à 1996), souligne l’étude. À l’inverse, les importations relativement élevées de 1996 à 2001 s’effondrent en 2002 et restent stables depuis (-73% en 2009 par rapport à 1996). En 2009, les exportations ont doublé vers les Pays-Bas, la Grande-Bretagne ou la Belgique. « À destination de l’Espagne, elles ont quasiment sextuplé ». Vers l’Italie, elles ont été multipliées par 18. La Russie et Hong-Kong s’approvisionnent aussi chez les Français. Les importations, elles chutent à 2 400 tonnes équivalent carcasse (tec) en 2002 alors qu’elles étaient à plus de 6 000 tec en 2001. « Cette chute s’explique en grande partie par la forte contraction des importations d’origine chinoise (-79% entre 2001 et 2002). » La Commission européenne avait en effet interdit les importations du fait de la présence de résidus d’antibiotiques dans la viande. Trois ans plus tard, cette décision est abrogée, mais les importations ne retrouveront pas leur niveau antérieur. La baisse des importations est aussi visible chez les autres pays fournisseurs comme l’Espagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas. « Seule la Hongrie est un fournisseur net de la France », mais les volumes sont faibles (100 tec environ/an).

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