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Entre revendication et résignation, la Confédération paysanne prépare les élections

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« Frustrée » de la politique menée par Stéphane Le Foll, la Confédération paysanne se tourne désormais vers les grands rendez-vous qui l’attendent en cette année de son 30e anniversaire : l’élection présidentielle bien entendu, mais également le renouvellement de son équipe dirigeante.

« On est très frustrés ». C’est par cette remarque lapidaire que Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, résume l’action menée par Stéphane Le Foll à la tête du ministère de l’Agriculture pendant le quinquennat de François Hollande. Si le syndicat reconnaît que le ministre a su conduire quelques réformes remarquables (en matière d’installation ou d’agroécologie), il regrette cependant que Stéphane Le Foll ne soit pas allé plus loin. « Nous avons souvent partagé les diagnostics avec le ministre, commente Laurent Pinatel, mais dans la mise en œuvre des solutions, Stéphane Le Foll a souvent remis sa casquette de défenseur de l’agroalimentaire ». Un comportement que la Confédération paysanne explique par « la mainmise de la FNSEA et de l’agroalimentaire » sur les décisions politiques. Désormais, le syndicat se tourne vers l’avenir. Car l’année 2017 s’annonce riche. En premier lieu, l’élection présidentielle, sur laquelle les « paysans » de la Confédération paysanne espèrent peser. « On a un programme : généraliser l’agriculture paysanne ». Et ce type d’agriculture, estime le syndicat, ne peut pas coexister avec « l’agriculture industrielle ».

Une agriculture paysanne au service des consommateurs

La Confédération paysanne, qui organise le 19 janvier les « Assises de l’agriculture et de l’alimentation », prépare un cahier de doléances qui lui servira pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle lors du Salon de l’agriculture. Parmi ses revendications, la mise en œuvre d’une Pac « qui prenne en compte l’aspect alimentaire », c’est-à-dire qui coordonne la production agricole, de qualité, et les attentes des consommateurs. La Confédération paysanne souhaite d’ailleurs que 2017 soit l’année de la mise en place d’un « pacte de confiance avec les consommateurs ». Car « les agriculteurs n’en peuvent plus d’être vus comme des pollueurs ».

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Le syndicat se positionne également pour la fin des aides à la surface, qui selon lui, « déconstruisent l’agriculture ». Fidèle à ses positions historiques, la Confédération paysanne prône une production agricole régulée et maîtrisée qui assure un revenu aux paysans. Celle-ci passe par des soutiens spécifiques aux petites exploitations et à celles qui connaissent des handicaps géographiques (montagne, isolement…).

Renouvellement de l’équipe dirigeante

En interne, la Confédération paysanne prépare son congrès national, qui se tiendra en avril. Le comité national sera renouvelé à cette occasion, mais Laurent Pinatel refuse pour l’heure de se positionner quant à une éventuelle candidature à sa propre succession. C’est cette nouvelle équipe qui sera aux manettes pour amener le syndicat jusqu’aux prochaines élections aux chambres d’agriculture de janvier 2019. Mais la Confédération paysanne considère déjà que « les dés y seront pipés ». Elle avait fait part à Stéphane Le Foll de ses critiques vis-à-vis des règles qui régissent les élections professionnelles. Elle déplore notamment que le syndicat arrivé en tête obtienne d’office 50 % des sièges à la chambre. Une disposition qui permet à la FNSEA de rester ultramajoritaire et de bénéficier de financements publics larges (les subventions de l’État sont en partie déterminées par le nombre de sièges occupés). La Confédération paysanne semble cependant résignée : Stéphane Le Foll n’entamera pas de réforme avant son départ et le prochain ministre ne devrait pas se saisir du dossier avant les élections de 2019.

La Confédération paysanne prépare un cahier de doléances pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle