En visite au Sival d’Angers, Jacques Rouchaussé, le président des maraîchers français, a quantifié l’étendue des pertes de légumes d’hiver voués à la destruction à cause du climat trop doux de décembre : le tiers des salades et choux-fleurs, et 45 % de la mâche.
Les maraîchers auront détruit la production équivalant à 30 % des surfaces de salades sur le pourtour du bassin méditerranéen, 35 % des surfaces de choux-fleurs dans l’Ouest et 45 % des surfaces de mâche en région nantaise, selon Jacques Rouchaussé, le président de Légumes de France. La raison de cette catastrophe n’est pas la sous-consommation, mais une surproduction brutale. Les températures trop élevées pour la saison depuis début décembre ont fait surgir tous les produits en même temps.
Mais après le pic suivra le creux : « On risquera de manquer de mâche la semaine prochaine ». Face à cette situation, le président de la fédération des légumiers a insisté, à l’ouverture du Sival, sur la nécessité de mettre en place un dispositif assurantiel « adapté » pour les producteurs. « Nous ne pouvons pas continuer à subir sans rien faire », a-t-il commenté.
Compte pénibilité : Légumes de France appelle ses adhérents à ne pas déclarer
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Au sujet du dossier « pénibilité », Jacques Rouchaussé a estimé qu’il faut que la France « arrête de se prendre la tête » en ajoutant des réglementations qui obèrent sa compétitivité. « Le premier objectif des pouvoirs publics devrait être d’inverser la courbe du chômage », a-t-il résumé.
Alors que les employeurs de main-d’œuvre doivent, depuis le 1er janvier 2016, déclarer les salariés exposés aux quatre premiers risques recensés dans le « compte pénibilité », Légumes de France appelle ses adhérents à ne pas les déclarer. Selon la publication Direct Légumes du syndicat, le conseil d’administration de Légumes de France a décidé, le 6 janvier, « de ne pas déclarer de facteurs de risques pour le moment » étant donné « le flou qui existe dans l’application de ce dispositif ». Légumes de France, « toujours opposé à l’application du compte pénibilité », joue la montre, s’appuyant sur les décrets du 30 décembre qui indiquent que les employeurs de main d’œuvre pourront rectifier leur déclaration sans pénalité jusqu’au 30 septembre 2016.
« Le premier objectif des pouvoirs publics devrait être d’inverser la courbe du chômage »